Devant le début imminent de chantiers de coupes forestières sur des terres publiques à Saint-Mathieu-du-Parc, un regroupement d’organismes demande au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs de décréter un moratoire.  

Le territoire de 80 hectares visé par les coupes est limitrophe au Parc récréoforestier de Saint-Mathieu-du-Parc. Il se situe à l’intérieur d’une zone identifiée pour faire partie d’une aire protégée, au sud du Parc national de la Mauricie.

La Coalition pour la préservation du Parc récréoforestier de Saint-Mathieu-du-Parc regroupe des organismes liés au récréotourisme et à la préservation de l’environnement. Depuis quelques semaines, ceux-ci font front commun pour « lever le drapeau rouge » devant la menace qui pèse sur cette forêt.

La coalition demande au ministre Pierre Dufour de surseoir à l’autorisation de coupes octroyées à l’entreprise forestière Rémabec et qui sont prévues dès janvier. Ceci afin de lui donner le temps de déposer officiellement un projet d’aire protégée au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Le projet d’aire protégée de la coalition vise la protection de 127 km2 de territoires qui ceinturent le Parc national de la Mauricie. Il comprend le parc récréoforestier de Saint-Mathieu-du-Parc ainsi que les territoires qui sont actuellement visés par les coupes forestières.

Le paradis des activités récréatives

Le projet d’aire protégée du Parc récréoforestier est un espace nature récréotouristique situé entre le lac en Croix et le lac Minogami. Selon la coalition, plus de 30 000 visiteurs le fréquentent annuellement. « C’est la porte d’entrée du parc de la Mauricie, explique Éric Proulx, citoyen engagé dans la démarche. Il n’y a pas beaucoup de forêts de proximité comparables dans le sud de la Mauricie. »

Jacques Goulet, président du Sentier national de la Mauricie voit les amateurs de randonnée pédestre venir de partout au Québec et même d’Europe pour sillonner les sentiers. « Ils y viennent pour vivre une aventure immersive en nature, pas pour arpenter un territoire décimé par la coupe forestière et où la faune a dû déserter son habitat. » Il s’agit du second plus important site d’escalade de la région et il est accessible été comme hiver. C’est aussi un lieu de prédilection pour le vélo de montagne.

Biodiversité et services écosystémiques

« Saint-Mathieu-du-Parc abrite la plus importante population de tortue des bois connue en Amérique du Nord, révèle Patrick Rasmussen, président du Mouvement vert Mauricie. En protégeant la tortue des bois, on protège aussi plusieurs autres espèces menacées. » Le territoire ciblé représente à peine 0,3 % du territoire de la Mauricie, mais 40 % des oiseaux nicheurs à statut particulier le fréquentent, selon cet écologiste.

Xavier Francoeur, un étudiant au doctorat en environnement a estimé la valeur économique de la protection du territoire visé par les coupes forestières. En comptant les bénéfices apportés par la séquestration du carbone, la régulation du climat et du réseau hydrique, la valeur des arbres vivants serait de 16 % supérieure à celle que rapporterait la coupe du bois. Pour l’ensemble de l’aire protégée proposée, la séquestration du carbone est estimée à 922 000 $ par année sur la bourse du carbone.

De nombreux appuis

Une pétition en appui à la démarche de la coalition circule actuellement sur les réseaux sociaux. Un bon nombre d’entreprises locales et d’organismes l’endossent, ainsi que la municipalité de Saint-Mathieu-du-Parc.

La Coalition pour la préservation du Parc récréoforestier de Saint-Mathieu-du-Parc est formée des organismes suivants : Sentier national de la Mauricie, Vélo montagne Mauricie, Club d’escalade et de montagne de la Mauricie, Chutes du Diable, Club de plein-air le Huard et Mouvement vert Mauricie.

L’aire protégée souhaitée est voisine du projet de réserve de biodiversité du secteur des Lacs en Croix, Barnard et Régis qui a été soumise à la Direction des aires protégées du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques en mars 2021.

Un texte plus détaillé sur cet enjeu sera disponible dans l’édition de janvier de La Gazette de la Mauricie. Surveillez nos présentoirs, dès le 6 janvier 2022.   

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