
Photo : gracieuseté
Chaque mois, notre collaboratrice Isabelle Cossette nous propose des récits de personnes venues d’ailleurs et établies en Mauricie. Aujourd’hui, elle nous présente Billy Hassane Ouattara, un homme au service de ses communautés.
Chaque année, plusieurs étudiant-es viennent à l’UQTR l’été pour des séjours linguistiques de cinq semaines grâce au programme fédéral Explore. Depuis deux ans, lors du gala de clôture de leur séjour, ces étudiant-es applaudissent à tout rompre Billy Hassane Ouattara, responsable du programme d’immersion et « grand frère » de ces imposantes cohortes. Son parcours ne se résume pas du tout à cette ovation, mais celle-ci en dit long : en effet, cet engagement indéfectible est une caractéristique de tout ce qu’accomplit Billy.
Arrivée et débuts en Trifluvie
En janvier 2024, Billy quitte le Burkina Faso, son pays d’origine, en vue de faire une maîtrise en administration des affaires (MBA) à Trois-Rivières. Il ne connaissait alors personne dans notre pays aux « températures vraiment extrêmes ».
Dès son arrivée, en plus d’étudier, il s’affaire à travailler et à s’impliquer. À vrai dire, Billy pourrait être la représentation même du mot « impliqué ». En effet, chez lui, il a fondé l’Association pour la promotion de l’intégration africaine, qui réunit de jeunes Africain-es ayant pour ambition de développer des idées pour rehausser l’image du continent dans le monde. L’organisation, qu’il a présidé de 2018 à 2025, est à la barre de nombreux forums internationaux et aura valu à Billy un prix d’engagement citoyen au Burkina Faso.
« Je suis quelqu’un de très engagé socialement, entre autres dans les associations et les activités de jeunesse, nous dit-il. C’est ce que j’ai voulu continuer quand je suis arrivé ici. » Dès sa première session, il devient ainsi coordonnateur de la vie associative à l’Association générale étudiante de l’UQTR.
Peu après, il contribue à relancer l’Association des étudiants burkinabè de Trois-Rivières, inactive depuis quelques années, ce qui le « dérangeait beaucoup ». Il en devient par la suite président pendant un an. Billy est fier de souligner que l’association, maintenant forte de 175 membres, offre d’excellentes activités et qu’elle a réussi l’été dernier à faire venir ici l’ambassade du Burkina Faso pour une mission consulaire afin de distribuer passeports et documents administratifs à la communauté.
Parcours universitaire
Diplômé en économie et titulaire d’une maîtrise en affaires internationales, Billy a travaillé dans une université comme chargé de programme éducatif et a été consultant dans le cadre d’un projet international pendant un an avant de s’établir à Trois-Rivières. Alors, pourquoi être parti ? « J’ai voulu aller à l’aventure pour me perfectionner dans mes compétences académiques », explique-t-il.
Le MBA semblait un choix naturel selon ses ambitions. Il l’aura réalisé à temps plein pendant un an et demi. « C’est une exigence de l’immigration pour les étudiants internationaux à la maîtrise jusqu’à la fin de leur programme », précise-t-il. Un programme aussi cher – il lui aura coûté près de 30 000 $ – à réaliser en aussi peu de temps aura comporté son lot de défis : évidemment, s’impliquer socialement tout en étudiant à la maîtrise dans un nouveau pays et en travaillant, c’est intense ! « Je connais beaucoup d’étudiants internationaux qui ont beaucoup de difficulté à se trouver un travail et à s’intégrer socialement, donc je me trouve chanceux », indique-t-il.
Au cours des deux dernières années à l’UQTR, Billy n’a pas chômé : en plus de ses activités bénévoles, il a travaillé aux Services aux étudiants comme responsable du kiosque d’accueil puis du programme MOZAÏC sur la communication interculturelle en plus d’aider au programme de jumelage pour nouveaux et nouvelles étudiant-es afin de « redonner à ceux et celles qui en avaient besoin dans cette communauté-là », ce qu’il comprend bien.
Durant deux étés, Billy a été responsable de l’immersion pour le programme Explore à l’École internationale de français de l’UQTR ; le reste de l’année, il était responsable du test de connaissance du français de l’UQTR à Drummondville. J’ai pu constater moi-même à quel point les étudiants et étudiantes d’Explore adoraient Billy. « Dès le début, déjà, je suis le premier responsable et je mets les étudiants très à l’aise en disant qu’ils peuvent m’appeler à n’importe quelle heure, et j’ai été le plus à l’écoute que je le pouvais. Je suis content de savoir que j’ai pu aider beaucoup de personnes dans le cadre de leur situation ici. »
Des projets d’avenir
Très attaché à l’UQTR, Billy – à présent diplômé – a depuis tout récemment décroché un poste de conseiller aux futurs étudiants au Bureau du recrutement étudiant de l’université trifluvienne. Sa mission, avec ses collègues, est de recruter des étudiants et étudiantes au plan national et international. Il est vraiment ravi : « J’ai rejoint une équipe très dynamique et qui fait bouger les choses, et c’est ce que j’aime. Je suis très enthousiaste dans ce nouveau rôle. »
Même s’il sent l’appel du Burkina Faso, Billy est bien au Québec. « Je trouve que les Québécois sont très accueillants, déjà, et puis ils ont une ouverture d’esprit. Ici, on peut parler de plusieurs sujets qui ne sont pas tabous. Je pense que culturellement ou historiquement, ils ont l’habitude de recevoir des étrangers. » Il ajoute : « Je me sens bien intégré, mais je garde de forts liens avec ma communauté d’origine, ma communauté burkinabée, même si j’ai des amis québécois aussi. »
Toujours tiraillé entre cette terre d’accueil qu’il adore et sa patrie d’origine qui l’appelle, Billy croit qu’il aura un jour un déclic quant à l’endroit où il s’installera pour de bon. D’ici là, on aura plaisir à voir comment cet homme, dont la nature est d’être au service des autres, transformera le monde qui nous entoure.







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