poésie festival trois-rivières
Crédit : Magali Boisvert

Du 30 septembre au 9 octobre 2022 se tiendra la 38e édition du Festival international de la poésie de Trois-Rivières où seront à l’honneur les poètes québécoises aguerries et de la relève.

Retour à la normale

On se souvient que les 36e et 37e éditions du Festival avaient été quelque peu bouleversées par les mesures sanitaires en lien avec la pandémie de COVID-19. Alors que l’édition de 2020 s’était transformée en exposition extérieure de poèmes-affiches, sans qu’aucune lecture n’ait pu être organisée, l’édition de 2021 s’était vue, pour sa part, privée de l’adjectif « international » pour devenir le « Festival de la poésie de Trois-Rivières » puisque seuls des poètes québécois(es) et canadien(ne)s étaient invité(e)s. 

La 38e édition du Festival marque ainsi le retour des poètes internationaux et internationales à Trois-Rivières. Même si la programmation ne sera disponible qu’à partir du 7 septembre, nous pouvons tout de même nous attendre aux traditionnelles lectures qui se tiennent à travers le centre-ville. De plus, le Prix international de poésie Fernando D’Almeida sera remis cette année à un(e) poète africain(e) francophone qui s’est démarqué(e) par son œuvre poétique et par son implication auprès de la relève.

Le plurilinguisme en poésie

Il va sans dire que les œuvres poétiques dans une langue autre que le français ont été traduites. Toutefois, la question du plurilinguisme va plus loin. Sans dire qu’il s’agit d’un thème de l’édition de cette année, nous ne pouvons ignorer que parmi les personnes invitées de l’international, plusieurs ont une pratique poétique qui mêle les langages, réfléchissant par le fait même à la question de la traduction. 

À ce propos, nous pouvons mentionner Itzaro Borda, poète basque qui pratique l’autotraduction et dont le dernier recueil est bilingue. De même, le Franco-Corse Stefanu Cesari pratique une écriture bilingue où il fait dialoguer ses deux langues, le français et le corse. Également performateur, il mêle sur scène son parler poétique à de la musique. Ainsi, le plurilinguisme va au-delà de la définition de langue au sens de « système d’expression qui permet à un groupe social de communiquer » et intègre différents langages, tel que la musique. 

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De fait, plusieurs des personnes invitées ont une pratique poétique qui intègre un autre médium. Pour en nommer quelques-uns, la Chilienne Pauline Le Roy crée de la poésie sonore, le Français Dominique Sorrente crée des poèmes-chansons, l’œuvre poétique du Franco-Corse Joseph Figarelli, d’abord guitariste puis auteur et interprète, se rapproche du chant, la poésie du Béninois Habib Dakpogan pourrait être décrite comme une ode à la bienveillance, la Galloise Zoë Skoulding mêle son, traduction et écologie et la Française Brigitte Baumié qui, « parce qu’elle entend mal […], est à la frontière entre deux cultures et deux langues : gestuelles et vocales ». 

Place aux poètes québécoises

Parmi les poètes du Canada invit(é)s à l’édition de cette année, nous pouvons remarquer que les poètes québécoises sont légèrement plus présentes que leurs homologues masculins. Le Festival a d’ailleurs su trouver un bel équilibre entre poètes d’expérience dans le milieu littéraire et poètes de la relève. 

Celle qui, l’année passée, coanimait l’École nationale de poésie, Louise Dupré, sera de nouveau présente. De plus, Germaine Beaulieu et Line McMurray, deux collaboratrices de l’ancienne revue littéraire La Nouvelle Barre du jour, participeront aussi à la 38e édition du Festival. Il faut savoir que cette revue a grandement contribué à l’émergence des écritures au féminin au Québec et à la valorisation de la poésie écrite par des femmes. Élise Turcotte, Louise Marois et Chantal Neveu, également invitées cette année, sont les héritières de cette génération d’écrivaines ouvertement engagées dans une lutte féministe. Aujourd’hui, des poètes comme Catherine Lalonde, Karianne Trudeau Beaunoyer et Alycia Dufour, invitées cette année, poursuivent et réactualisent le projet littéraire entamé par ces femmes dans les années soixante-dix.  

Autant dire que le Festival s’annonce, une fois de plus, riche et diversifié ! 

Pour consulter la programmation consultez le site Internet du Festival

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