21 février 2022, journée mondiale de la justice sociale, les groupes de défense des droits sociaux et leurs allié.es régionaux se sont mobilisés pour sensibiliser la population et les élu.es quant aux conséquences d’une « hausse galopante de l’inflation. »

Une trentaine de représentants des milieux communautaires, syndicaux et étudiant.es de la Mauricie et du Centre-du-Québec se sont rassemblés devant l’Hôtel de ville de Trois-Rivières afin de proposer des solutions contre les hausses des coûts de l’électricité, des loyers, du panier d’épicerie et de l’essence.

« Le résultat de ces hausses est que la majorité des Québécois et Québécoises s’appauvrissent actuellement », a martelé Marc Benoît, coordonnateur du Regroupement des organismes en éducation populaire autonome de la Mauricie (ROÉPAM) et porte-parole de la Coalition des forces sociales de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CFS MCQ). La hausse du coût de la vie a un impact majeur sur le budget des ménages québécois et contribue à l’accroissement des inégalités sociales, fait valoir la Coalition par communiqué.

L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), a publié en novembre 2020 une étude révélant qu’entre 17 % et 19 % de la population québécoise n’a pas accès à un revenu qui permet de combler les besoins de base comme s’alimenter, se vêtir ou se loger. Ce qui fait dire à la Coalition que « l’appui financier d’environ 200 dollars versé par le gouvernement du Québec à une frange de la population et la dernière hausse annoncée du salaire minimum sont des mesures nécessaires, mais largement insuffisantes pour combler les nombreux impacts négatifs de l’inflation. » La Coalition revendique plutôt une hausse du salaire minimum à 18$/H.

Rétablir le mandat de la Régie de l’énergie

La Coalition affirme que le contrôle de l’inflation doit nécessairement passer par la réglementation. Elle demande notamment à ce que le gouvernement rétablisse le mandat historique de la Régie de l’énergie qui était d’assurer le contrôle des hausses tarifaires d’Hydro-Québec. « Juste avant la pandémie, le gouvernement actuel du Québec nous proposait une réforme du mandat de la Régie de l’énergie, nous disant que les Québécois.es allaient sauver de l’argent. La récente hausse des tarifs d’Hydro-Québec démontre bien que ce n’est pas le cas », déplore M. Benoît.

Instaurer un registre des loyers

Face à la crise du logement social et abordable qui frappe actuellement le Québec, la Coalition milite pour l’instauration d’un registre des loyers. Un tel registre permettrait selon les organismes en défense du droit au logement d’obtenir de meilleures données sur le nombre de logements disponibles et leur abordabilité, mais aussi d’assurer un meilleur contrôle sur l’entretien et le maintien de la salubrité. M. Benoît a dénoncé les hausses abusives des loyers qui touchent particulièrement les villes de Trois-Rivières et Shawinigan, attribuables notamment à la concurrence des nouveaux investisseurs immobiliers montréalais. « Puisque le gouvernement du Québec nous dit qu’il refuse un registre national, il est de notre devoir en Mauricie de protéger les nôtres en instaurant un registre local des loyers, comme Montréal se prépare à faire », soutient M. Benoît.

Lutter contre le gaspillage alimentaire

Concernant la hausse du coût du panier d’épicerie, la Coalition propose de réglementer le gaspillage alimentaire. Un exemple serait d’obliger les épiciers à offrir à rabais les aliments périssables quelques jours avant qu’ils ne soient plus propres à la vente. M. Benoît estime que cela aurait pour effet de rendre les aliments comme les fruits plus accessibles à la population tout en permettant aux épiciers de compenser leurs pertes autrement que par une hausse des prix. Et puisque la hausse de l’essence est la grande responsable des hausses dans plusieurs autres secteurs, la Coalition exige des gouvernements qu’ils atténuent la dépendance aux énergies fossiles en investissant davantage dans les énergies renouvelables telle que l’énergie éolienne. « L’électrification ne peut pas régler tous les problèmes à elle seule », indique M. Benoît.

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