Anik Salas, réalisatrice, dans son film La méthode scandinave, tourné en Suède, en Islande et en Norvège. PHOTO : Gracieuseté Katerine Giguère

Dans son documentaire La méthode scandinave, la réalisatrice Anik Salas part à la rencontre des sociétés scandinaves pour comprendre la clé de leur succès en matière d’égalité des genres. Son constat ? Leur avance dans ce domaine n’est pas tombée du ciel. Véritable appel à l’action, le film lancé aux 44e Rendez-vous Québec Cinéma, à Montréal, sera dans les cinémas à partir du 5 juin.

L’égalité entre les genres a-t-elle un mode d’emploi ? Anik Salas a grandi à Trois-Rivières en se posant beaucoup de questions à ce sujet. Elle est aujourd’hui réalisatrice et présidente de l’organisme Réalisatrices équitables, dont l’objectif est l’atteinte de l’équité pour les femmes dans le domaine de la réalisation au Canada. Son film La méthode scandinave, produit par Christine Falco des Films Camera Oscura, apporte quelques réponses.

« En faisant ce film, j’ai voulu aller chercher des solutions concrètes. Les personnes qui sont en haut du classement au niveau de l’égalité des genres, qu’est-ce qu’elles font qu’on n’a pas compris, ici au Canada ? » s’est-elle demandé.

Entre la Norvège, la Suède et l’Islande, la quête documentaire d’Anik Salas lui a permis de rencontrer des politiciennes, des dirigeantes et d’autres femmes impliquées dans les milieux communautaires et dans l’éducation. On comprend à travers leurs témoignages que rien n’est tributaire de la génétique scandinave, ni tombé du ciel, et qu’il a fallu beaucoup de travail pour progresser vers l’égalité des genres dans les différents paliers de la société. 

« Il n’y a pas de baguette magique. C’est une question de volonté, dit Anik Salas en entrevue. Il a fallu que des mesures de parité soient imposées et surtout qu’elles soient appliquées. Au Québec, on a fait une loi sur l’équité salariale, mais il y a toujours 18 % d’écart salarial au détriment des femmes. Comment ça se fait qu’on n’a pas réussi ? C’est comme si on avait les valeurs et les bonnes intentions, mais qu’on ne les applique pas. Il faut agir. »

Dès 2003, la Norvège a adopté une loi obligeant les sociétés d’État et les entreprises cotées en Bourse à respecter un quota de 40 % de femmes dans leur conseil d’administration. Si la mesure a fonctionné, et qu’aujourd’hui la grande majorité des sociétés se conforme à la règle, c’est parce que cette loi, proposée par un député homme conservateur, impliquait des mesures coercitives.

Faudrait-il ce genre de mesure pour que la parité fonctionne au Québec, où 35,2 % des personnes élues à titre de député-es au fédéral et au provincial et à la tête des villes sont des femmes, tandis qu’elles n’occupent que 20 % des postes dans les conseils d’administration des entreprises ?

À travers les entrevues qu’elle a menées pour La méthode scandinave, la réalisatrice a découvert que, même dans les pays scandinaves, la parité est imparfaite et doit faire l’objet d’une vigilance et d’un travail de tous les instants. Là-bas comme ici, l’influenceur masculiniste Andrew Tate fait des ravages dans la tête des jeunes garçons. À titre de solution, un cours de « genres » a été mis en place dans les écoles secondaires en Islande pour inciter les jeunes à réfléchir à ces questions.

« Je pensais que les hommes scandinaves étaient tous pro-féministes, mais quand j’ai entendu les témoignages des femmes là-bas, je suis tombée de haut en réalisant que la violence conjugale est encore un gros problème dans les trois pays que j’ai visités. Ça m’attriste beaucoup. Une chose est sûre, on n’arrivera pas à la parité sans les hommes, il faut qu’ils s’impliquent. Ce sont encore eux qui sont en position de pouvoir », dit Anik Salas.

Pour la réalisatrice, la solution est dans l’action et dans la mobilisation de la société tout entière. « On doit revoir notre socialisation, nos politiques. L’égalité se bâtit dans le couple, dans la famille, mais aussi au gouvernement, dans les institutions. On a besoin de l’administration pour baliser et il faut que tout le monde s’implique », poursuit-elle.

Le documentaire de 90 minutes La méthode scandinave est en salle à partir du 5 juin. La réalisatrice Anik Salas sera présente le 12 juin au Cinéma Le Tapis Rouge, à Trois-Rivières, pour s’entretenir avec le public.

 

*

Geneviève Quessy, journaliste

Initiative de journalisme local

Commentaires

Je m'abonne à l'infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.

Je m'abonne à l'infolettre

Modifier mes préférences
+

Nous utilisons des cookies pour faciliter votre navigation et activer certaines fonctionnalités. Vous pouvez consulter des informations détaillées sur tous les cookies dans chaque catégorie de consentement ci-dessous.

Témoins fonctionnels (Obligatoires)

Ces témoins sont essentiels au bon fonctionnement de notre site Web; c’est pourquoi vous ne pouvez pas les supprimer.

Témoins statistiques

Ces témoins nous permettent de connaître l’utilisation qui est faite de notre site et les performances de celui-ci, d’en établir des statistiques d’utilisation et de déterminer les volumes de fréquentation et d’utilisation des divers éléments.

Témoins publicitaires

Ces témoins sont utilisés pour fournir aux visiteurs des publicités personnalisées basées sur les pages visitées précédemment et analyser l'efficacité de la campagne publicitaire.

Refuser
Confirmer ma sélection
Nous prenons à coeur de protéger vos données

Ce site utilise des cookies (fichiers témoins), déposés par notre site web, afin d’améliorer votre expérience de navigation. Pour plus d’information sur les finalités et pour personnaliser vos préférences par type de cookies utilisés, veuillez visiter notre page de politique de confidentialité.

Accepter tout
Gérer mes préférences
Activer les notifications Oui Non merci