Jules BergeronJule Bergeron – Comité de Solidarité/Trois-Rivières – International – Octobre 2021

Qu’avez-vous en commun avec le GIEC ? Sûrement une préoccupation pour les changements climatiques et l’avenir de la planète !  En effet, depuis 1988, année de sa création, le Groupe international d’experts sur le climat (ou IPPC en anglais) publie sur une base régulière un rapport sur l’évolution et l’impact des changements climatiques sur l’écosystème planétaire. L’organisme, mandaté par l’Organisation des Nations Unies, rend des comptes à quelque 195 pays, bref au monde au complet.

Les rapports publiés par le GIEC ont fait part d’une inquiétude croissante devant la dégradation de l‘état de santé de la Terre, mais le dernier, publié en août 2021, va beaucoup plus loin. Curieusement, il n’a pas fait l’objet d’une grande couverture médiatique alors que se déchaînaient un peu partout dans le monde des catastrophes naturelles, pensons aux incendies de forêt dévastateurs en Colombie–Britannique. Néanmoins, avec ce rapport retentit une sonnette d’alarme qui appelle à une réduction significative et durable des gaz à effet de serre (GES). Autrement dit, le temps n’est plus aux tergiversations, mais aux actions efficaces. Les rapports du Groupe ne font pas qu’examiner les taux d’émission des GES;  par-delà les variations de température, l’impact de l’activité humaine est également étudié (et mis en cause), tout comme l’adaptation urgente qui en découle pour assurer notre survie.

Entre la fonte des glaces de l’Arctique, l’érosion accélérée des berges et la modification du Gulf Stream, le dernier rapport du GIEC indique que le Canada et le Québec seront plus touchés que la moyenne par les changements climatiques. Pourtant, ni au niveau fédéral, ni au niveau provincial, la volonté politique d’agir ne semble prendre en compte l’urgence de la situation. Photo: CC0 Domaine public

En termes simples, il faut absolument ralentir la progression du réchauffement de la terre à 1,5°C. C’est difficile mais encore possible, soutient le rapport. Si rien n’est fait dans l’état actuel des choses, le réchauffement passera à 2°C d’ici 20 à 40 ans et pourrait atteindre 3,6 °C d’ici la fin du 21e siècle. Autre constat : alors que tous les gouvernements ont accueilli ce rapport avec, dans leurs mots, une grande préoccupation environnementale, l’écart subsiste dangereusement entre la détérioration en cours et la volonté politique d’agir dans le monde, Québec et Canada  inclus. Les exemples ne manquent pas.

A lire aussi – Rapport du GIEC : l’urgence de s’adapter

Au Canada, c’est l’industrie des énergies fossiles (pétrole, gaz, etc.) qui émet le plus de gaz à effet de serre. Or, le gouvernement fédéral a octroyé de l’aide financière à cette activité industrielle qui se chiffre en moyenne à 10 milliards de dollars depuis 2015. Cherchez l’erreur. Mentionnons aussi que la cible canadienne de réduction des GES, soit une baisse escomptée de 40 % à 45 % d’ici 2030, est inférieure à l’objectif des États-Unis et de la Communauté européenne! Le Canada est-il parti pour être un cancre en la matière ?

Souvenons-nous qu’au Québec, l’équipe gouvernementale de François Legault voyait d’un bon œil la réalisation du projet de GNL Québec avant qu’il ne soit rejeté sous la pression des groupes environnementalistes. On ne compte plus les conséquences désastreuses que pourrait engendrer la mise en place  du 3e lien à Québec. Certes, des efforts sont déployés ailleurs, comme l’électrification des transports, mais ils s’avèrent insuffisants à ce jour.

Le dernier rapport du GIEC indique que le Québec et le Canada seront plus touchés que la moyenne par le dérèglement climatique et cela se vérifie déjà: fonte des glaces de l’océan Arctique, érosion accélérée des berges et modification du Gulf Stream, si essentiel pour nous. Quelle est la place de l’action citoyenne dans tout cela ? Chacun de nous, en tant qu’ individu, peut s’inscrire dans cette lutte aux changements climatiques en adoptant de nouveaux comportements bénéfiques pour tous : manger local, intensifier sa pratique de la récupération et du recyclage, optimiser ses déplacements, privilégier un autre type de transport moins énergivore, etc. En tant que membre d’une collectivité,  on peut se joindre à un mouvement communautaire, à une action citoyenne élargie et structurante, qui, par exemple, exigera de sa régie régionale de gestion des matières résiduelles la mise en œuvre d’un plan de compostage, favorisera la participation à des jardins communautaires, à l’économie circulaire, pour ne citer que quelques initiatives existantes.

En conclusion, il n’y a que deux mots à retenir : URGENCE et ACTION.

 

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