Les bienfaits de l’activité physique sur la santé mentale et physique ne sont plus à démontrer. Malgré cela, plusieurs personnes, notamment les jeunes, n’atteignent pas les objectifs fixés par les recommandations minimales. En effet, en excluant le cours d’éducation physique, seulement 20 % des élèves de la Mauricie sont actif-ives dans leurs loisirs. Lorsqu’on analyse un peu plus ces résultats, on se rend compte que seulement 15 % des filles sont actives alors que les garçons le sont dans une plus grande proportion (25 %). Plusieurs raisons pourraient expliquer la plus faible participation des filles à des activités sportives, notamment des raisons historiques et une faible représentation des athlètes féminines. 

Histoire et stéréotypes sexuels 

Historiquement, l’accès des femmes au monde du sport a été fortement limité. Au Québec du XIXe siècle, les compétitions et les clubs sportifs accueillaient principalement les hommes, tandis que la participation des femmes était non seulement socialement mal vue, mais également activement découragée. Les médecins de l’époque prétendaient que le sport pouvait compromettre la santé physique des femmes et nuire à leur capacité reproductrice. Cependant, les années 1920 ont marqué un tournant important avec une ouverture progressive de l’activité sportive aux femmes, illustrée notamment par leur présence de plus en plus remarquée aux Jeux olympiques. Bien que les femmes aient commencé à s’intégrer dans le sport, elles le faisaient souvent grâce à des voies séparées de celles des hommes, ce qui a ainsi instauré une division basée sur le sexe qui persiste encore aujourd’hui avec des compétitions distinctes pour chaque sexe. 

Cette séparation selon le sexe est aujourd’hui questionnée par plusieurs spécialistes, surtout dans des disciplines comme les sports équestres et l’ultimate frisbee où la mixité est courante. De plus, certaines différences au niveau de la règlementation amènent des questionnements. Par exemple, dans les épreuves de ski de fond et de biathlon olympiques, les parcours sont plus courts pour les femmes que pour les hommes. Au hockey, aux Jeux olympiques, seules les femmes sont tenues de porter un protecteur facial complet et elles ne peuvent pas faire de mises en échec. Au tennis, dans les tournois du Grand Chelem, les hommes doivent remporter trois sets sur cinq pour gagner, tandis que les femmes doivent gagner deux sets sur trois. Tous ces exemples démontrent que le sport est encore associé aux hommes et met les femmes dans une classe à part. De plus, cette organisation genrée soulève des problèmes d’inclusion pour les personnes trans ou non binaires.

La sous-représentation des athlètes féminines 

Les sports féminins sont largement sous-représentés dans les médias canadiens. En 2014, seulement 4 % des émissions sportives des principales chaînes de télévision étaient consacrées aux femmes, principalement lors des événements majeurs comme les Jeux olympiques et les compétitions de tennis. Une étude sur la couverture des Jeux de Sotchi par la CBC a révélé que les hommes bénéficiaient de 20 % de couverture médiatique de plus que les femmes. La firme Influence Communication a observé, dans son bilan annuel de la nouvelle de 2016, que seulement 1 % des nouvelles du sport québécoises concernaient des femmes, alors que celles-ci avaient gagné 16 des 22 médailles canadiennes aux Jeux olympiques de Rio cette année-là. Cette faible visibilité dans les médias contribue à un moindre intérêt du public pour les sports féminins.  En effet, puisque les sports féminins bénéficient d’une faible part du temps d’antenne, ils auraient moins d’occasions de susciter l’intérêt de l’auditoire. Dans cette perspective, des spécialistes soutiennent que les médias contribuent à la marginalisation et même à l’abandon de l’intérêt pour les sports féminins. Les jeunes filles, voyant moins de modèles auxquels elles peuvent s’identifier, pourraient ne pas développer d’intérêt pour le sport ou l’activité physique en général. 

Photo : Dominic Bérubé

Des défis à relever

Malgré des avancées notables dans l’inclusion des femmes dans le monde du sport, des défis majeurs demeurent Pour combattre efficacement ces inégalités, il est essentiel d’adopter des politiques inclusives qui encouragent une couverture médiatique juste pour l’ensemble des athlètes, indépendamment de leur genre. Par ailleurs, il serait judicieux de reconsidérer les normes genrées dans certaines compétitions sportives pour promouvoir la mixité et mieux refléter les capacités réelles des sportives. Enfin, augmenter l’accessibilité et la visibilité des sports féminins à travers des campagnes de sensibilisation pourrait renforcer l’intérêt et le soutien du public, contribuant ainsi à une véritable égalité dans le sport.

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