Par Annabelle Caron

Combien d’entre nous n’ont qu’une très vague idée de ce qui se produit une fois notre poubelle et notre bac de recyclage vidés? Nous savons que les déchets non recyclables sont directement enfouis, alors que le contenu du bac de recyclage est acheminé vers le centre de tri. Mais encore, vous êtes-vous jamais demandé ce qu’il advient de ce contenu une fois arrivé au centre de tri? Êtes-vous conscients de l’ampleur du travail effectué par les employés? La quantité considérable d’articles incongrus que l’on trouve dans les bacs de recyclage indique que non.

Il suffit de s’attarder à la situation du centre de tri de Récupération Mauricie à Saint-Étienne-des-Grès pour mieux saisir l’impact de notre négligence. Le Groupe RCM, organisme sans but lucratif qui exploite le centre de tri, s’est donné pour mission de créer des emplois pour des personnes ayant des limitations fonctionnelles tout en œuvrant à l’amélioration de notre environnement. De fait, pas moins de 70 % du personnel est composé de personnes ayant un handicap. Pendant l’année 2015-2016, cette équipe a trié près de 43 000 tonnes de déchets.

« On en a même retiré une trentaine de chiens sans vie depuis le début de l’année »

Or, comme l’indique M. Pierre Buisson, directeur d’usine, non seulement peut-on trouver de tout sur la chaîne de tri, depuis les morceaux d’animaux jusqu’aux pièces d’automobiles en passant par les couches souillées, mais on en a même retiré une trentaine de chiens sans vie depuis le début de l’année. Vous comprendrez que ce genre d’événement affecte beaucoup le moral des gens qui en sont témoins, ajoute M. Buisson.

Ceci n’est encore qu’un aperçu des aberrations qui sont le quotidien des employés, qui, rappelons-le, sont affectés au triage manuel de la majorité de ces déchets. M. Buisson souligne que la présence de seringues sur la chaîne constitue une menace constante pour les employés : « Si une personne se pique, c’est 1 an de suivi à l’hôpital », et ce, en plus du stress occasionné, explique-t-il.

Le directeur d’usine explique par ailleurs que, bien que les façons de faire actuelles soient efficaces, il faut des techniques plus avancées, donc plus dispendieuses, pour arriver à trier tous les objets qui ne devraient pas se retrouver au recyclage. Pour ce faire, l’usine doit embaucher plus de personnel et se doter de nouvelles machines, dépenses qui sont en fin de compte absorbées par les contribuables, qui pourraient se les éviter en assurant un meilleur tri à la source.

Buisson lance un message aux citoyens, « Prenez le temps de bien regarder ce qui est récupérable ou non pour le centre de tri et ne mettez pas les autres produits […] il y a même des choses qui pourraient carrément être envoyées à des écocentres. » Il affirme aussi que la collaboration du citoyen permettrait d’améliorer considérablement le rendement de l’usine et, plus important encore, de faciliter le travail des personnes affectées au tri.

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