Librairie Poirier

Le schisme identitaire, Étienne-Alexandre Beauregard

Guy Rousseau

Pour Étienne-Alexandre Beauregard, depuis deux décennies, les Québécois traversent un mauvais rêve où une idéologie hégémonique remet en question leur droit même d’exister comme nation. Le débat autour de la question nationale devient secondaire, la cote de popularité du concept d’État-nation est en chute libre, nos relations sont trop souvent évaluées en fonction de la couleur de la peau et de la religion, nos services publics sont prétendument des lieux de racisme systémique, les droits individuels ont remplacé les droits collectifs. Même le peuple québécois a perdu son statut de colonisé et on lui fait jouer le rôle de l’oppresseur pour la première fois de son existence.

Participons-nous à l’effet d’une mode passagère ou d’un enjeu beaucoup plus profond pour la suite de notre histoire comme peuple francophone en Amérique ? Étienne-Alexandre Beauregard nous propose une grille d’analyse afin de comprendre ce Québec qui se cherche depuis 1995.

Selon Beauregard, le Québec mène une guerre culturelle qui s’articule autour de deux définitions antinomiques du Québec, lesquelles tentent de s’imposer : d’une part l’État-nation francophone, hérité de la Révolution tranquille, qui aspire à un Québec républicain inspiré de l’époque des Lumières et qui conçoit un sujet politique québécois unitaire et assujetti à une éthique de la loyauté ; d’autre part, l’État multiculturaliste issu du courant postnational en vogue depuis 1995, lequel voit le Québec comme un sujet politique fragmenté qui doit obéir à une éthique de l’altérité.

Ce diagnostic pertinent et approfondi nous permet d’identifier les acteurs en jeu, et il nous invite à revoir nos analyses critiques concernant un Québec en pleine évolution et à la croisée des chemins.

 

Marche à voix basse, Nelly Desmarais

Laurence Primeau

Marche à voix Basse, le premier recueil de poésie de Nelly Demarais, est empreint de lieux. Il nous parle du dehors et du dedans, et comment certains endroits peuvent nous conforter ou nous hanter au gré des événements. Entre les murs d’un couvent et dans les ruelles d’Hochelaga, les environs font effet, ils nous ramènent toujours à nous-mêmes. Les traumatismes habitent le corps et l’esprit, ternissant le quotidien à notre insu. Les poèmes de Nelly se présentent parfois comme un exutoire, une langue symptomatique, et tantôt comme une remémoration, un hommage. Ils saisissent le passé et certains souvenirs qui le touchent dans un présent apparemment éternel. Marche à voix basse est un livre éclectique ; à travers les citations, les époques et les thèmes, il nous parle de l’âme et de ses diverses tonalités.

 

Requiem, Gyrdir Eliasson

Laurence Primeau

 Jonas ne connaît peut-être pas toutes les raisons qui le poussent à se recueillir au chalet de son beau-père Andrés. Certes, il veut s’éloigner de son travail de publicitaire afin de composer de la musique. Sous la tutelle de Bach et de Dvorak, il se laisse inspirer par l’air frais de la campagne et le chant des oiseaux dans l’espoir d’écrire une symphonie dont les ébauches noircissent les lignes de son carnet depuis un peu trop longtemps. Graduellement, le calme et la solitude font ressurgir des situations passées, qui l’amènent à faire le point sur son présent. À travers ses préoccupations mélancoliques, Jonas révèle le parallèle qui existe entre l’inspiration artistique et les fluctuations sentimentales. Et si la disparition de son carnet Moleskine avait un lien avec le déclin de son couple ?

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