Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, est une journée pour célébrer les victoires du mouvement des femmes, mais aussi un moment pour faire des bilans, réfléchir, échanger, mobiliser et interpeller les élu-es. Parce qu’en 2026, cette journée est encore nécessaire !
Il y a plus de 50 ans, le journal Québécoises deboutte ! faisait vibrer les rues et les consciences. Par ces deux mots, il portait la voix d’un féminisme émergeant déterminé à se faire entendre malgré les interdits de l’époque. Être deboutte, ce n’est pas une posture physique : c’est une position politique.
Aujourd’hui encore, les forces économiques, politiques et sociales divisent, oppressent et cherchent à restreindre les droits des femmes, à freiner leurs avancées, à semer la peur et la haine. D’une génération à l’autre, les appels se répondent, les luttes s’entrelacent et les victoires se tissent ensemble vers l’égalité. Le féminisme se renouvelle, s’enracine et se nourrit de la diversité. Pour contrer les courants réactionnaires, il est nécessaire de puiser dans les forces féministes vivantes, solidaires et multiples.
En Mauricie, comme ailleurs au Québec, malgré plusieurs avancées, l’égalité entre les femmes et les hommes, et entre les femmes elles-mêmes, n’est pas encore atteinte. En 2026, les violences vécues par les femmes sont particulièrement préoccupantes ! En date du 13 février 2026, déjà six féminicides ont été confirmés ! Et ces féminicides ne sont que la pointe de l’iceberg des différentes formes de violences que peuvent vivre les femmes. La violence physique n’est pas la seule forme de violence. Les visages de la violence sont multiples : physique, verbale, psychologique, économique, sociale, sexuelle, notamment. Le 8 mars est donc, entre autres, une invitation à agir pour éliminer les violences faites aux femmes. Les violences faites aux femmes, c’est assez !
L’accès des femmes à des services de santé publics de qualité, universels et gratuits, est aussi une préoccupation d’aujourd’hui. Il ne s’agit que de penser au droit et à l’accès à l’avortement. L’article 29 du Projet de loi 1, actuellement sur la table de travail du gouvernement du Québec, nous rappelle que ces acquis sont fragiles. Le 8 mars est donc aussi un moment pour se souvenir de celles qui ont mené, souvent dans l’illégalité et la répression, la lutte pour le droit à l’avortement au Québec ! Des femmes ont organisé des services clandestins, affronté la police et les tribunaux, refusé que leur corps soit gouverné par l’État, l’Église ou la médecine ! Ce n’est pas rien ! Et aujourd’hui, alors que certains groupes tentent de remettre en question un droit que l’on croyait acquis, cette histoire prend une résonance particulière. Elle rappelle que nos droits les plus fondamentaux ne sont jamais définitifs, et qu’ils demeurent vulnérables face aux reculs politiques, juridiques et idéologiques.
Dans un portrait de santé des femmes en Mauricie et au Centre-du-Québec publié en 2025 par la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie (TCMFM), plusieurs constats préoccupants émergent : baisse de l’activité physique, hausse de la consommation excessive d’alcool, comportements sexuels moins préventifs, détérioration de la santé mentale avec une hausse marquée de la consommation d’antidépresseurs, surtout chez les jeunes femmes et les femmes de 65 ans et plus, et persistance des violences conjugales et sexuelles. L’itinérance au féminin est aussi mise en lumière, en particulier chez les femmes de 25 à 44 ans vivant en situation de précarité.
Face à ces constats, plusieurs recommandations concrètes en termes d’activités de sensibilisation et de prévention pour améliorer la santé des femmes de la région sociosanitaire ont été formulées, allant de la promotion de saines habitudes de vie à un meilleur accès aux ressources en santé sexuelle, en santé mentale et pour les femmes en situation d’itinérance ou victimes de violence. C’est d’ailleurs pourquoi il est important de pérenniser les outils qui favorisent l’accès aux ressources en santé et bien-être dédiées aux femmes de la Mauricie et du Centre-du-Québec, dont la plateforme maëlle.
Par Joanne Blais, éditorialiste invitée
directrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie






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