Alex Dorval – Société – Novembre 2021 

Du 25 novembre au 6 décembre se tiennent les 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes. À bout de bras, les intervenantes des maisons d’hébergement continuent de réaliser leur mission. Elles saisissent l’occasion des 12 jours d’action pour dire aux femmes qu’elles sont là pour elles et pour rappeler à la population que la violence faite aux femmes, « c’est la responsabilité de tous ».

« Avec les 12 jours d’action, on tente de faire des non-événements. C’est-à-dire de sensibiliser pour éviter que des meurtres soient commis. Puis on réussit, et ça, c’est important de le dire ! » — Denise Tremblay, directrice générale — La Séjournelle

Les 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes rappellent à l’ensemble de la population qu’il existe de multiples ressources pour venir en aide aux femmes et enfants victimes de violence. — Photo de la Marche mondiale des femmes 2021 à Trois-Rivières – Crédits : Dominic Bérubé

Les féminicides : « la pointe de l’iceberg »

Avec le déconfinement qui s’est fait graduellement en 2021, le téléphone ne dérougit pas dans les maisons d’hébergement. « On est à 137 % de taux d’occupation. On a des chambres avec plusieurs lits, on a des matelas gonflables. On pense que c’est le déconfinement, que les conjoints ont l’impression de perdre le contrôle. La haute médiatisation des féminicides pourrait aussi avoir eu un impact », observe Sabrina Bernier, directrice de la Maison De Connivence à Trois-Rivières.

Si le bilan médiatisé des féminicides marque la conscience collective, les violences du quotidien n’en sont toutefois pas moins graves pour celles qui les subissent sans en mourir.

« Les féminicides c’est la pointe de l’iceberg », affirme Denise Tremblay, directrice à La Séjournelle à Shawinigan. « On peut tuer autrement en disant constamment à une femme qu’elle ne vaut rien, en la blessant à répétition par toutes formes de violences, physiques comme psychologiques. »

Mme Tremblay témoigne d’une hausse exceptionnelle de demandes d’hébergement et d’appels pour des services externes, sans qu’il y ait nécessairement demande de refuge. La Séjournelle accueillait en 2019-2020, 274 femmes et enfants. Pour l’année en cours, l’organisme en cumulait déjà 176 à la mi-novembre.  « Si la tendance se maintient, on en aura plus de 300. Ce qui nous fait penser qu’on va finir notre année — en avril — avec environ une femme par jour, puisque les demandes sont toujours en hausse après les fêtes », indique Mme Tremblay.

Dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre, les intervenantes travaillent à bout de bras. « Les difficultés d’embauche sont évidentes en territoire éloigné. On est encore à la recherche de solutions, mais il y a des choses immuables comme les shifts de nuits. Ce qu’on cherche c’est de ne pas avoir des bris de service. Je suis fière de dire qu’on n’en a pas eu jusqu’à maintenant. Mais ça exige que je m’implique toujours plus », rapporte Ginette Girard, directrice de la maison Le toit de l’amitié à La Tuque.

« Il ne faut pas oublier qu’il y a toujours une intervenante au bout du fil, 24 h/24 h », tient à rappeler Karine Gendron, directrice de la maison Le Far à Trois-Rivières.

La force du réseau

Bien que cette hausse pour les demandes de services s’enregistre à travers toutes les Maisons de la province, les intervenantes se montrent rassurantes. « Oui il y a une hausse de demande pour nos services, mais il ne faut pas oublier de rappeler aux femmes qu’il y a toujours une intervenante au bout du fil, 24 h/24 h », fait valoir Karine Gendron, directrice de la maison d’hébergement Le Far à Trois-Rivières.

« Aucune femme n’est laissée en plan », insiste Manon Monastesse à la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes.

« Le roulement fait en sorte que les maisons ne sont pas toutes pleines en même temps. Jamais une femme n’a pas sa place. On les héberge ailleurs pour quelques jours au besoin. On travaille en réseau. », souligne Chantal Arseneault du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

Mme Arseneault fait valoir que les 12 jours d’action sont importants parce que « ça donne une voix à celles qui n’en ont pas. » Plus on va en parler, plus on va dénoncer, « plus les femmes et les enfants seront en sécurité. »

Les 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes sont soulignés régionalement par les groupes de défense des femmes, les maisons d’hébergement, la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie et le Comité intersectoriel en matière d’agression à caractère sexuel et violences conjugales du CIUSSS-MCQ. Ce comité invite la population à porter le ruban blanc en guise de solidarité aux femmes tout au long des 12 jours d’action.

Ressources disponibles et maisons du territoire 

CIUSSS MCQ.CA/Aide

811 Info-Sociale

Maison de Connivence, Trois-Rivières — (819) 379-1011

Maison Le Far, Trois-Rivières — (819) 378-2990

La Séjournelle, Shawinigan — 819-537-8348

Le Toit de l’amitié, La Tuque — (819) 523-7829

Centre Asperimowin, La Tuque — (819) 523-8600

Maison La Nacelle, Nicolet — Tél. 819 293-6942

CALACS-TR — 819-373-1232

CALACS Entraid’Action, Grand-Mère — (819) 538-4554

 

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