Février, c’est le mois de l’amour. Mais cette tradition récente découle de fêtes païennes. Pour nos grands-mères, février était surtout le mois de la Chandeleur (où le jour s’est allongé d’une heure depuis le solstice d’hiver) et du Mardi gras (pour faire bombance avant la pénitence), suivi du mercredi des Cendres (le début du carême). Ces événements annonçaient Pâques et le printemps. Et qui dit printemps, dit ménage et, souvent, un mariage à la maison ! C’était donc le moment de faire du savon.
Lors des boucheries d’automne, et durant tout l’hiver, nos grands-mères conservaient les gras des animaux, des ragoûts et des rôtis dans un seau, au froid. Elles conservaient aussi, dans une chaudière en métal, les cendres du bois de chauffage recueillies dans le poêle à bois. Voilà ce qu’il faut pour faire du savon, car des cendres mélangées à de l’eau pendant trois jours résulte la lessive, l’ingrédient de base du savon. Il fallait filtrer et faire évaporer ce mélange avant de l’incorporer au gras purifié et à un liquide. On parle ici de saponification à froid, contrairement à la méthode industrielle de saponification à chaud. Le savon maison est écologique et économique, et doux pour la peau.
Aujourd’hui, la recette de base est plus facile : ça prend un gras (animal, végétal ou un mélange des deux), un liquide (thé, eau, lait, etc.) et de la soude caustique (hydroxyde de sodium ou NaOH) qu’on achète en quincaillerie. Il faut faire preuve de prudence, parce que la soude caustique, c’est corrosif : on s’en sert pour décaper les meubles ! Il faut porter des gants et des lunettes de sécurité et avoir de la patience, car il faut deux heures pour faire une recette et un mois avant d’utiliser notre premier savon, le temps qu’il durcisse suffisamment pour ne pas fondre sous l’eau comme neige au soleil.
Comme pour les conserves, il faut suivre les recettes au gramme près et s’assurer du dosage de soude caustique. On trouve facilement des recettes sur Internet. Vous obtiendrez aussi la recette de ma jeune nièce Alice, dans sa version électronique, qui indique comment faire du savon maison, des cakes pour la vaisselle et des pastilles pour le lave-vaisselle. Je vous invite aussi à consulter le tutoriel en ligne Éco trucs. Si vous voulez ajouter des huiles essentielles, sachez qu’elles se volatilisent en trois mois, donc utilisez votre savon dans ce délai.
Cela dit, l’écolo que je suis récupère dans un panier les savons ramassés dans les hôtels, en sachant bien qu’ils seront jetés après mon passage. Je récupère aussi les petits bouts de fin de savon qui ne demandent qu’une simple transformation pour revêtir un aspect pseudo-artisanal. Il suffit de faire fondre les petits morceaux râpés avec des ingrédients qu’on aime pour en confectionner de nouveaux. On peut aussi les incorporer à un savon maison.
J’aime utiliser de l’huile de coco et du thé en petite quantité pour faire fondre mes petits savons. J’ajoute ce qui me plaît : curcuma, romarin pulvérisé ou huiles essentielles. Un conseil : évitez les fleurs et les substances qui peuvent obstruer votre drain et nuire au traitement des eaux usées. Versez le mélange obtenu dans des contenants récupérés, dans lesquels vous pouvez aussi ajouter une tranche de luffa pour un effet astringent. Magie ! Suggestion : les petits contenants individuels de yogourt font de bons moules.
Je râpe aussi du savon de Marseille que je dilue dans l’eau (une part pour 10 environ), je mets le tout dans un pulvérisateur et m’en sers pour éloigner les insectes de mes plantes, au jardin ou dans la maison. Je m’en sers aussi comme chasse-taches avant le lavage. C’est miraculeux et économique.
Psitt ! Si vous avez lu sur Facebook qu’au Moyen Âge on se mariait au printemps après LE bain annuel, sachez que c’est un mythe ! Les humains se lavent depuis la préhistoire… et déjà autour de 1400 à Bourges (en France), Jacques Cœur possédait une étuve à hypocauste, soit une baignoire chauffée par le dessous.
Voici quelques unes de mes recettes !







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