L’artiste Christine Tougas a inauguré le 17 avril dernier sa première exposition solo à la Factrie 701, à Shawinigan. L’exposition Forescence, ouverte au public les samedis et dimanches jusqu’au 24 mai 2026, de 13 h à 16 h, invite les visiteurs et visiteuses à plonger dans un univers où la photographie, la feuille d’or et les textiles anciens se fondent en une seule langue visuelle, celle du vivant.
Un mot-monde
Le titre lui-même est une création. Dans Forescence, on entend la forêt, l’or, l’essence et le sens, quatre termes qui, selon l’artiste, résument l’entièreté de sa démarche. « Ce sont quatre termes qui font écho à ma pratique », explique-t-elle. La forêt comme terrain de création, l’or comme fréquence autant que matière, l’essence comme identité profonde et le sens comme raison d’être. Un mot fort, né d’une artiste qui ne sépare pas sa vie de son œuvre.
La forêt comme atelier
Le processus de création de Christine Tougas commence dans les bois, où elle apporte un dispositif artisanal peu ordinaire : deux lentilles issues de lunettes permettant de percevoir les auras des arbres, juxtaposées à l’objectif de son téléphone cellulaire. Elle capte ainsi des lieux où, dit-elle, « quelque chose se passe ». Les images résultantes, aux teintes ultraviolettes non retouchées, sont ensuite imprimées puis enrichies de feuille d’or et de tissus anciens, draps de lit ou vêtements, porteurs, à ses yeux, d’une mémoire bien réelle.
Le sacré, dans ses œuvres, n’a rien d’inaccessible. C’est une femme qui natte les cheveux de son enfant en forêt, une autre qui allume un petit feu, une troisième qui se tient simplement debout à côté d’un arbre. « C’est un état d’être et de connexion avec l’environnement, avec le vivant », résume l’artiste.
Un vernissage habité
Le soir du vernissage, Christine Tougas a accueilli famille, ami-es et inconnu-es venu-es de loin, certain-es ayant fait plus de deux heures de route, entre autres depuis l’Ontario, pour ce qu’elle décrit moins comme une exposition que comme une fête. « Il y avait beaucoup d’amour », confie-t-elle simplement. Les œuvres ont visiblement trouvé leur public dès le vernissage : l’énergie était au rendez-vous, l’émerveillement aussi. Reste à voir ce que chaque visiteur et visiteuse y découvrira à son tour.
On peut voir Forescence à la Factrie 701, au 701, 4e Rue, à Shawinigan (secteur Grand-Mère), les samedis et dimanches jusqu’au 24 mai 2026, de 13 h à 16 h.

Vue d’ensemble de l’installation murale de Forescence, Christine Tougas, Factrie 701, Shawinigan, 2026. Photo : Christine Tougas
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Djocaris Théodore, journaliste
Initiative de journalisme local








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