Le groupe Citoyen-nes du monde et de chez nous dans le cadre du Lab des jeunes reporters

Comment vous sentiriez-vous à l’idée de changer de couleur de peau et de langue pour une journée au Québec ? Comment se dérouleraient vos échanges ? Seriez-vous regardé-e différemment en tant que personne caucasienne ou racisée ? Il y a fort à parier que oui, car le racisme est encore trop présent au Québec et partout en Amérique sous différentes formes. C’est pour cela que nous vous invitons à venir vous mobiliser avec nous le 22 mars à 13 h 30 dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, soulignée le 21 mars de chaque année. 

 

Du racisme ?

Quand il est question de racisme, les personnes non racisées, comme une partie des auteur-rices de ce texte, penseront peut-être à des actes évidents comme l’exclusion d’une enfant par ses camarades parce qu’elle n’est pas blanche, un contrôle de police trop souvent systématique sans même que la moindre infraction ait été commise ou un refus de location d’un logement. Il est vrai que le racisme prend ces formes, mais il prend aussi des formes plus insidieuses dans la vie de tous les jours. 

Que ce soit avec l’adoption de la loi 94 récemment, qui resserre les réglementations entourant la laïcité, institutionalisant ainsi la discrimination envers les femmes qui choisissent de porter le voile en leur interdisant l’accès à des emplois et à des lieux ; ou lorsqu’on demande à quelqu’un d’où vient-il vraiment en lui rappelant qu’il est automatiquement « étranger » parce que non blanc ; ou quand des médias soutiennent que les problèmes de logement ou d’accès à la garderie sont dus à l’immigration : toutes ces situations viennent renforcer l’idée que certaines personnes ont une place plus légitime que d’autres dans la société.

Dans une société raciste, les pensées des personnes discriminées et des personnes discriminantes sont altérées. L’hypervigilance, par exemple, consiste à éviter de manifester des signes pouvant correspondre à des stéréotypes qui sont véhiculés. Ainsi, une personne noire peut tenter d’éviter consciemment de paraître dangereuse en passant à côté d’autres personnes, alors qu’elle sait qu’elle ne l’est pas. La marge de manœuvre des personnes discriminées est beaucoup plus mince. Le moindre faux pas peut avoir des conséquences.

Le racisme se fait autant inconsciemment que consciemment : des pensées intrusives qui apparaissent, des préférences, des jugements, des façons de réagir différentes. La peur de l’étranger et de l’inconnu est peut-être un des moteurs significatifs du racisme. Avec un mélange de désinformation et de polarisation, les perceptions peuvent encore plus se diriger vers la peur et la haine. 

Nous devons tous et toutes travailler à repousser cette peur de l’autre, car la question n’est peut-être pas de savoir si quelqu’un est « raciste » ou « pas raciste », mais plutôt comment remettre en question notre façon de voir le monde.

 

ICE aux États-Unis

Aux États-Unis, Donald Trump a demandé à ICE (Immigration and Customs Enforcement) de multiplier le nombre de personnes qu’elle expulse. Cette « police » mène des enquêtes pour trouver des immigrant-es qui n’ont pas l’autorisation d’être dans le pays et les expulse. Pour arriver à l’objectif demandé par Trump, ICE s’est mis à embaucher plus d’effectifs, avec une formation raccourcie passant de cinq mois à un mois et demi. 

ICE a arrêté plus de 300 000 personnes depuis un an. ICE se voit critiquée par des dizaines de milliers de personnes à cause de ses méthodes. La violence des arrestations, les meurtres, l’arrestation d’enfants et la séparation de familles qu’utilise ICE surviennent même au domicile et au travail des personnes ciblées. Des citoyen-nes américain-es se font également arrêter, notamment en raison de la couleur de leur peau : certaines personnes sont vues comme plus « américaines » que d’autres. Cette situation montre à quel point les violences racistes poussées à l’extrême ne sont jamais bien loin.

 

La manifestation antiraciste du 22 mars

C’est pour susciter des émotions, se donner la détermination nécessaire pour s’exprimer et vous inciter à passer à l’action avec vos amies que nous écrivons ces mots. Le 22 mars se déroulera une manifestation contre le racisme à Trois-Rivières. Le départ de la marche se fera du stationnement Papineau du Cégep de Trois-Rivières. Des prises de parole et des surprises artistiques seront au rendez-vous. Vous pouvez venir avec vos amies et amener des casseroles pour faire du bruit.

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