Annie Dufresne, bénévole – Société – octobre 2021

Le 17 septembre dernier se déroulait la journée d’action contre la violence sexuelle faite aux femmes, cette tradition se perpétue depuis 1978. Le  Centre d’Aide et de Lutte contre les Agressions à Caractère sexuel (CALACS) a donné rendez-vous à la population en début de soirée; moment symbolique puisque c’est à la tombée du jour que les femmes craignent le plus de sortir seules. Les participantes sont parties de la bâtisse industrielle et ont marché jusqu’au Port de Trois-Rivières en passant par le centre-ville (environ 2.5km).

L’équipe du CALACS Trois-Rivières. – Photo : Annie Dufresne

Marie-Soleil Desjardins, intervenante au CALACS de Trois-Rivières, ouvrait la marche.

« Dans la réalité, la majorité des agressions sexuelles sont commises par une connaissance », explique Mme Desjardins avant le départ. « Dans 85% des cas, l’agresseur est connu de la victime. La plupart des agressions sexuelles ont lieu dans des endroits qui semblent sécuritaires. Donc aujourd’hui, on veut prendre le contrôle de la rue pour démontrer qu’on revendique que tous les lieux soient sécuritaires. Peu importe où qu’on aille, que ce soit à minuit dans un parc, dans notre chambre à coucher, dans un restaurant, même si on est seule, même si on a un verre dans le nez, on devrait avoir le droit fondamental de marcher en toute sécurité, sans violence. »

Lorsque questionnée sur les moyens envisageables pour prévenir davantage la violence sexuelle, elle souligne l’importance de la sensibilisation. « On doit former les juges, on doit former les avocats. On doit sensibiliser la population sur la notion de consentement. C’est quoi la relation de couple, c’est quoi le respect, c’est correct d’avoir des limites. C’est une éducation populationnelle qu’on veut faire aujourd’hui. C’est de la sensibilisation de monsieur-madame tout le monde qui a un rôle à jouer pour régler la problématique des violences à caractère sexuel. »

Parées pour s’exprimer

La soirée a commencé au son des percussions africaines d’un groupe nommé Les Tam-Tams du Saint-Maurice. Au crépuscule, plusieurs organismes étaient présents pour démontrer leur soutien à la cause, dont Amnistie international, Centraide Mauricie, La Rue de Bécancour, et la Maison de Connivence.

Deux militantes brandissant leurs pancartes nous ont partagé sous le couvert de l’anonymat, leur préoccupation. : « Je suis tannée de me faire agresser, c’est arrivé de nombreuses fois et ça a développé chez moi une grande peur des hommes. ». Puis « encore aujourd’hui, je me suis retrouvée quelque part où je ne me sentais vraiment pas à l’aise. Donc c’est pour ça qu’on est venue en voiture plutôt qu’à pied. »

Mme Desjardins a profité de son discours de bienvenue pour faire connaître la nouvelle campagne de sensibilisation des CALACS intitulée Pour changer le monde, ça prend tout le monde.[1] Cette campagne vise à encourager les dénonciations des agressions. Elle rappelle que nous avons tous et toutes un rôle à jouer pour prévenir la violence sexuelle.

« Marcher seule la nuit est un bonheur simple et accessible. […] Une femme qui met le pied dans la rue seule la nuit prend un risque. C’est dangereux. Nous le savons toutes. C’est ce qu’on nous a appris. […] Il faut reprendre la rue avant qu’elle nous soit perdue. […] Marchons ensemble ce soir pour éduquer nos filles et garçons », a lancé Laurence Gauthier avant le départ.

« À qui la rue ?  À nous la rue ! », scandaient les marcheuses largement appuyées par des applaudissements nourris des gens sur les terrasses du centre-ville.

Sources

[1] https://www.facebook.com/calacstr/videos/1030680650805763

https://www.facebook.com/calacstr/videos/231809858900637

https://www.facebook.com/calacstr/videos/271897948089894

https://www.facebook.com/calacstr/videos/2613470212132255

 

 

 

 

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