Photo : Dominic Bérubé

Un texte d’Alexandra Carpentier

La culture du viol est un phénomène qui affecte la vie de nombreuses personnes, et surtout les femmes, et qui contribue à maintenir des rapports de domination et d’oppression dans la société. Vous en avez d’ailleurs probablement déjà entendu parler et vous en connaissez sûrement des exemples.

Par l’expression « culture du viol », on désigne toutes les pratiques sociales qui minimisent, tolèrent ou justifient les violences sexuelles. Cette culture peut avoir comme répercussions de perpétuer les inégalités de genre et de renforcer le pouvoir des personnes qui commettent des agressions à caractère sexuel. Toutefois, alors que nous comprenons et connaissons déjà les effets de cette culture bien présente dans notre société, que faisons-nous pour l’enrayer et comment pouvons-nous y contribuer  ?

Une première étape, très importante, consiste à prendre conscience de la culture du viol dans notre quotidien. S’informer, puis identifier les comportements inappropriés qui contribuent à maintenir cette culture sont les premiers pas vers une meilleure société.

Une fois que nous savons repérer les comportements, les attitudes et les commentaires inappropriés, nous pouvons maintenant les nommer. Cette étape, qui peut sembler toute simple, est cruciale : à force de baigner dans cette culture, nous finissons par ne plus réaliser qu’elle existe et par ne plus la voir.

En nommant tout simplement les éléments constatés, nous pouvons également aider les autres à en prendre conscience et même participer à freiner certains comportements. Prenons par exemple les films où les agressions à caractère sexuel peuvent être dédramatisées et transformées en situations romantiques. En nommant cette réalité, nous déconstruisons le fait que les comportements visionnés sont appropriés et nous démontrons à notre entourage que ces pratiques ne devraient pas être reproduites.

Maintenant que nous sommes capables de reconnaitre et de nommer les éléments qui contribuent à maintenir la culture du viol, que devons-nous faire? Agir, dans notre entourage comme dans la vie publique.

La consigne peut sembler vague au premier abord. Des actions faciles comme vérifier auprès d’une personne si elle se sent en sécurité ou lui poser des questions relatives à son confort peuvent faire changer les choses. Il est aussi possible de demander l’assistance d’une personne de confiance pour soutenir ensemble une autre personne.

Dans d’autres situations, selon notre degré de confiance, nous pouvons confronter directement l’individu qui a des comportements inappropriés et nommer ces comportements. Cela en préservant notre sécurité, bien entendu, donc en envisageant aussi d’aller chercher de l’aide pour intervenir en toute sécurité.

Dans ces cas-là, il n’y a pas de recette miracle et il est normal de craindre de mal agir ou de décider de ne rien faire. Toutefois, il est préférable d’intervenir, car il vaut mieux se tromper sur la nature de la situation que de négliger un évènement grave qui aurait pu être prévenu.

Dans un tel contexte d’hésitation à agir, « l’effet du passant » constitue une attitude courante, qui, du reste, ne s’applique pas uniquement à la culture du viol. En résumé, ce phénomène social se produit lorsque plusieurs personnes se trouvent témoins d’une situation d’urgence où quelqu’un a besoin d’aide. Le fait de partager cette même responsabilité d’aide potentielle et la crainte de se tromper en intervenant ont souvent pour conséquence que, finalement, personne n’agit.

Or, chaque action compte, donc peu importe l’identité de genre, l’aisance en société ou la personnalité, il existe toujours une stratégie pour venir en aide à quelqu’un qui a besoin de soutien. Pour y parvenir, il n’est pas nécessaire de changer radicalement notre façon d’être, mais plutôt d’employer des stratégies adaptées à notre capacité d’action et à notre créativité.

Bref, la simple lecture de ce texte est peut-être un premier pas vers une prise de conscience de la culture du viol et, espérons-le, vers une solidarité qui nous permettra d’éradiquer cette inacceptable réalité.

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