Une partie de l’équipe Place aux jeunes Mauricie lors d’un séjour exploratoire en mars. De gauche à droite : Karine Proteau (agente à La Tuque), Mélanie Massicotte (agente pour la MRC Mékinac), Valérie Pelletier (ancienne agente à Shawinigan et remplacée depuis peu), Mélissa Clermont (agente pour la MRC Maskinongé) et Kim Lacombe (agente régionale). Photo : Anne-Sofie Bathalon 

Bien que la population totale ait augmenté au Québec entre 1986 et 2016, on remarque une baisse de 15,6 % du nombre de jeunes de 15 à 34 ans. La part des jeunes, qui représentait plus de un tiers (35,3 %) de la population québécoise en 1986, est passée à moins de un quart (24,3 %) en 2016. La Mauricie n’a pas échappé à cette tendance – « la région compte par ailleurs moins de 20-44 ans et davantage de 45-64 ans que l’ensemble du Québec », peut-on lire dans un rapport de l’Institut de la statistique du Québec publié en 2017. L’organisme Place aux jeunes (PaJ) offre des services d’accompagnement et de promotion visant à faciliter l’établissement des 18-35 ans en région. Malgré un récent engouement pour l’exode en région, certains défis persistent. Chose certaine, selon les agentes de PaJ, la Mauricie n’a rien à envier au reste du Québec.

L’organisme Place aux jeunes

L’organisme à but non lucratif Place aux jeunes déploie ses services sur tout le territoire québécois, sauf à Montréal, Québec, Sherbrooke et Gatineau. Son financement provient majoritairement du Secrétariat à la jeunesse. En Mauricie, ce sont sept agentes qui se démènent afin de faciliter l’établissement durable des jeunes de 18 à 35 ans. Kim Lacombe, agente régionale, explique qu’il s’agit d’une « aide à l’établissement de A à Z ». Ces agentes interviennent sur plusieurs fronts, par exemple chercher un emploi pour les jeunes qualifiés ou en voie de l’être, trouver des places en garderie, organiser des séjours exploratoires et même faire des suivis des jeunes établis après une année.

L’exode des métropoles

Entre 1986 et 2006, il y a eu une baisse constante du nombre de jeunes en Mauricie, selon un rapport produit par l’Institut national de la recherche scientifique publié en 2022. Par contre, même s’ils sont moins nombreux qu’autrefois, de plus en plus de jeunes tournent le dos aux grandes villes, un phénomène qui a été accentué par la pandémie.

Selon Kim Lacombe, les jeunes n’ont plus besoins de quitter leur ville pour trouver un emploi. Elle souligne que, si avant on disait « va travailler à Montréal, il n’y a pas de job en région », maintenant il y a des emplois en région, il y a des occasions de carrière et il y a des possibilités d’avancement que peut-être en ville il y aurait moins, ou moins rapidement. Le discours a beaucoup changé.

Luc Laplante, professeur et spécialiste des études de la population, a fait sensiblement le même constat. « Le taux de chômage est faible à peu près partout au Québec. Il est plus élevé à Montréal que dans toutes les autres régions à part la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine », écrit-il dans un récent article de La Presse.

Pourquoi s’établir en Mauricie ?

Pour Julie Fortier, agente de PaJ de Trois-Rivières, les avantages de s’établir à Trois-Rivières sont nombreux. « Pour nous, ce qui est un bel avantage pour Trois-Rivières, c’est que nous sommes centraux. On est à une heure et quart de Montréal et de Québec. De plus, la Mauricie concilierait la quiétude de la campagne avec la vitalité de ses centres-villes. « Quand tu arrives ici, il y a une tranquillité, une simplicité que les gens adorent », dit-elle. Les agentes de PaJ soulignent également qu’il y a beaucoup d’occasions de carrière et d’ouverture sur le marché pour le développement de nouvelles entreprises. 

Kim Lacombe ajoute que Trois-Rivières est « un pôle régional d’attraction ». Concrètement, cela signifie qu’on assiste souvent à une seconde migration : les 18-35 s’installent temporairement à Trois-Rivières, le temps de trouver une maison hors de la ville. Le prix des propriétés est également un argument en faveur de l’établissement en Mauricie, selon les trois agentes rencontrées en entrevue. Pour Karine Proteau, agente à La Tuque, les multiples occasions d’emploi encouragent aussi grandement les jeunes à s’établir en Mauricie.

Des défis persistants

Cependant, à l’instar des autres régions du Québec, la Mauricie subit une crise du logement. C’est un défi auquel font face les agentes de PaJ. En revanche, Karine Proteau souligne que « des entrepreneurs offrent des belles solutions. On a des bâtisses qui sont achetées ou rénovées. […] Les entrepreneurs savent qu’il y a un problème de logement […] mais des solutions sont apportées ». L’autre principal défi concerne les places en garderie. Kim Lacombe indique que ce sont majoritairement des familles qui viennent s’établir en Mauricie et que le nombre de places en garderie n’est pas suffisant. Toutefois, elle souligne que son équipe réussit souvent « à faire des miracles ».

Tout bien considéré, les efforts mis en place par l’équipe de Place aux jeunes ne restent pas vains. En plus de favoriser un fort sentiment d’appartenance entre les jeunes et leurs nouvelles villes, ceux-ci contribuent à de réelles retombées économiques et viennent dynamiser le décor mauricien.

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