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«Comment pourrait-on faire confiance à cette nouvelle COP dans la protection de la biodiversité?» Photo : Magali Boisvert

Du 7 au 19 décembre aura lieu la 15e Conférence des parties sur la diversité biologique (COP15) au Palais des Congrès à Montréal. Alors qu’une extinction massive des espèces est en cours et que la situation n’a fait qu’empirer depuis la signature de la Convention sur la diversité biologique en 1992, que peut-on espérer de cette nouvelle COP? Pourquoi des mouvements appellent-ils à bloquer, boycotter ou perturber les COP? Petit tour d’horizon des critiques adressées aux COP.

Tout d’abord, c’est le fonctionnement même des COP qui est remis en question. Non seulement les gouvernements participent aux négociations de la COP, mais aussi des représentants du secteur privé.

Lors de la COP27 sur le climat qui s’est tenue en Égypte en novembre, l’organisme Global Witness a dénombré un total de 636 lobbyistes de l’industrie fossile, soit 25 % de plus que pendant la COP26 à Glasgow. Résultat : la conférence s’est terminée une nouvelle fois sans aucun plan visant à sortir des combustibles fossiles. On peut alors comprendre pourquoi la militante Greta Thunberg a boycotté le sommet et dénoncé les COP comme étant devenues des machines à « greenwashing ». En 2021, la militante autochtone Ta’Kaiya Blaney, appelait à perturber la COP26, et décrivait l’instance comme une « une solution illusoire qui sert à sauver le capitalisme, fondé sur l’extraction de ressources et le colonialisme ».

De plus, la COP15 est hautement critiquée pour son objectif 30 × 30, c’est-à-dire de protéger 30 % des terres et des océans de la planète d’ici 2030. Noble à première vue, la stratégie des « aires protégées » a jusqu’à présent mené à l’expulsion de communautés autochtones de leurs terres ancestrales et à des violations de leurs droits humains, selon Survival International et des centaines d’ONG. Si cet objectif est entériné, on pourrait assister au « plus grand accaparement des terres de l’histoire » qui risque d’affecter près de 300 millions de personnes.

Selon Fiore Longo, responsable de campagne chez Survival International, le 30 × 30 est « une distraction meurtrière de ce qui est nécessaire de toute urgence pour garantir la diversité humaine et toute la biodiversité : la reconnaissance des droits des peuples autochtones sur leurs terres. » C’est d’ailleurs ce que révèle une étude publiée l’an dernier, puisque 80 % de la biodiversité mondiale est protégée sur des territoires habités par des peuples autochtones.

Tout comme la sortie des énergies fossiles, la pleine reconnaissance des droits territoriaux autochtones contrevient aux intérêts de bon nombre d’États, incluant le Canada. On le voit bien avec le cas des Wetʼsuwetʼen qui doivent défendre leur territoire contre un géant canadien de l’industrie fossile soutenu par des opérations de brutalité policière de la GRC. Alors, comment pourrait-on faire confiance à cette nouvelle COP dans la protection de la biodiversité?

Comme le dit la Coalition anticapitaliste et écologiste qui appelle à perturber la COP15, « les responsables du désastre ne nous sauveront pas » et c’est avec la mobilisation populaire que nous obtiendrons les changements nécessaires. Éducation, blocages, grèves, perturbations, manifestations : nous avons besoin de tous les outils pour que nos luttes soient à la hauteur de la crise écologique.

Pour en savoir plus sur les mobilisations liées à la COP15, visitez : fucklacop15.org et collectifcop15.org

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