Le poète Jean-Guy Lachance au Salon du livre de Trois-Rivières. Crédit : Laurence Thériault

Collaboration avec Le Sabord

Passionné de voyages et de déplacements, le poète centricois Jean-Guy Lachance vient de publier aux Écrits des forges le recueil Le bruit des routes. L’ouvrage s’attarde sur ce que les traversées ont à raconter.

Selon l’écrivain, le point de départ de son livre découle du « confinement lié à la pandémie, quand nos déplacements étaient limités, de même que notre rapport à l’autre et au monde. Nous étions alors assignés à résidence, et c’est dans cette sorte d’immobilité que le thème du voyage, du mouvement, est né comme un appel au voyage, à l’ailleurs et aussi à la rencontre avec l’autre et avec le lecteur. » Ses recueils précédents, dont Sur la poutre du tempsTraversées ou Penser le dehors, s’intéressaient déjà au thème du temps, fugace, insaisissable, qui apparaît dans le nouvel opus de Jean-Guy Lachance où la route symbolise la découverte d’un temps et d’un espace autre, en mouvement. L’auteur revisite aussi la relation au monde intérieur, sans oublier les thèmes de la mémoire et du passé, qui lui sont chers dans sa passion pour les antiquités. 

Au creux des labyrinthes

Le voyage déploie une vaste cartographie dans Le bruit des routes, conviant à écouter le fracas des passages répétés des véhicules – ou le silence de leur absence, sur les routes moins fréquentées, les chemins forestiers, par exemple. L’écrivain affectionne l’ample territoire de forêts et de lacs qui est le nôtre, où la nature demeure présente. Il raconte être issu d’une famille qui aimait la pêche et la chasse. 

Pour l’auteur, « le voyage est en soi porteur de sens. Nous traversons la vie, nous traversons le monde. Il y a un mouvement, une avancée. L’humanité est également en mouvement depuis les origines, pensons aux explorations, aux migrations et à l’afflux de réfugiés. Il me semble aussi que l’humanité cherche un chemin et une route à suivre en regard des problématiques auxquelles nous sommes confrontés. »

Ce fil d’Ariane se délie dans les poèmes de Jean-Guy Lachance à travers l’espace, qui, selon lui, « s’est aujourd’hui comprimé. Les gens voyagent davantage et plus facilement, et le temps s’est accéléré. Notre société moderne se caractérise par un changement continuel. Nous sommes à la fois des locaux et des mondiaux, étant devenus des citoyens et citoyennes du monde par le fait des moyens de communication actuels. » Au creux de ce monde instable et imprévisible, l’écrivain rend compte d’une vie « semée d’embûches et de pertes ». Une quête de signification et de vérité somme toute sereine traverse l’ensemble des poèmes du Bruit des routes, comme une incitation à tendre les sens pour entendre les murmures du Minotaure.

Penser le mouvement

Les poèmes de Jean-Guy Lachance témoignent de la multitude de possibles qui nous environnent et du fait que nous sommes « confrontés à un flux continuel d’informations et d’images innombrables. » L’auteur est sensible au sentiment d’impuissance et d’incertitude qui découle de la réalité ambiante. Par conséquent, il s’attarde dans ses textes à l’envers de la route, à la difficulté de s’ancrer, de tisser des liens.

En phase avec la correspondance entre arts visuels et littérature que Le Sabord propose, l’auteur relève qu’« on peut voyager dans un tableau comme dans un poème. Il y a une résonance, un ressenti. »

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Traverser les résonances

Quelles avenues se déploieront dans le futur pour l’écrivain ? Jean-Guy Lachance mentionne un manuscrit en cours de rédaction qui abordera les thèmes de la famille, de la perte et du deuil. Il confie sa volonté de continuer à s’impliquer dans sa région au sein d’un comité d’expositions sur le patrimoine. Et de reprendre la route, qui sait ?

Nul doute, ce livre est une invitation vibrante à visiter l’envers des traversées.

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