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Derrière, de gauche à droite : le musicien Jean-Philippe Bouffard, la Trifluvienne Camille Bourgeois et le sonorisateur Alain Carpentier. Devant : Fabiola Toupin. Crédit : Magali Boisvert

Après que la COVID se soit invitée chez l’une des Trifluviennes, Manon Brunet, Fabiola Toupin n’a eu que quelques jours pour se replonger dans le répertoire de l’un de ses précédents spectacles, celui d’Aznavour, avant la représentation du Festivoix. Nous l’avons rencontrée le 10 juillet dernier, dans les loges de la salle Anaïs-Allard-Rousseau, cet endroit si familier pour l’interprète, qui la voit régulièrement revenir à la maison.  

Quelques jours pour se préparer

Fabiola Toupin était attristée de devoir annuler cette représentation des Trifluviennes, avec ses collègues Manon Brunet et Camille Bourgeois, qui avaient toutes trois investi beaucoup de temps dans ce projet, avec la collaboration du metteur en scène Martin Larocque. Or, le hasard a bien fait les choses. 

« Thomas [Grégoire, le directeur général et artistique du Festivoix] s’est permis de me demander à pied levé si je pouvais lui proposer un nouveau spectacle. C’est lui-même qui m’a proposé de faire Aznavour, puisque je l’avais déjà présenté au Festivoix. Ça tombe que c’est Jean-Philippe Bouffard, le même musicien qu’avec les Trifluviennes, qui m’accompagne dans Aznavour aussi », explique Fabiola Toupin.

Toujours en amour avec Aznavour

Heureusement, l’interprète est toujours aussi amoureuse du répertoire d’Aznavour : « Il faut dire que Charles Aznavour maîtrise l’art d’écrire des chansons. Quand on revisite des répertoires riches comme celui d’Aznavour, ça nous rappelle à quel point la langue française est extraordinairement belle, et qu’il y a des mots pour chaque situation bien précise. Ça me fascine, ça me touche. »

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Une touche unique qui est venue colorer l’interprétation des textes d’Aznavour, c’est aussi le fait qu’une femme chantait ses mots : « Il y a certaines chansons que je me suis permise de mettre dans le répertoire, même si au départ on ne peut que penser que ça ne pourrait être chanté que par un homme. J’ai osé le faire quand même, parce que ça apporte une autre lecture dans l’oreille de celui qui le reçoit. »

Pour celles et ceux n’ayant pas vu ce spectacle le soir du 10 juillet, la chanteuse a livré, non sans rictus cocasses et commentaires, les mots du texte de la chanson « Tu t’laisses aller », avec des paroles telles que « Si tu voulais faire un effort / Tout pourrait reprendre sa place / Pour maigrir, fais un peu de sport / Arrange-toi devant ta glace / Accroche un sourire à ta face / Maquille ton cœur et ton corps ». « Ça ne se dirait plus aujourd’hui ! », a-t-elle lancé devant le public complice. 

Croquer dans les mots comme dans une pomme  

Il faut dire que ce qui distingue Fabiola Toupin, c’est son amour de la langue française – et elle cultive cette passion en commun avec Aznavour : « Je mords dans les mots. Pour moi, chaque mot suscite une couleur, une façon, une intonation. J’ai toujours trouvé que la chanson était un véhicule privilégié pour transmettre. Et pour communiquer, je trouve que de passer par le véhicule des émotions, c’est toujours une valeur sûre. Tu passes par le cœur, après ça la porte est ouverte. »

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La salle Anaïs-Allard-Rousseau parée de couleurs pour le passage de Fabiola Toupin. Crédit : Magali Boisvert

Le cœur du public s’est bel et bien ouvert dans la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture, avec deux ovations debout et une salle bien remplie malgré les pépins de dernière minute dans la programmation. Parmi les morceaux mythiques d’Aznavour, Fabiola Toupin a su marquer les esprits avec des interprétations sensibles et habitées de « Comme ils disent », « Hier encore », « Les filles de Trois-Rivières » ou « Les petits pains au chocolat ».  

Cette vieille amie

Ainsi, l’interprète a foulé une fois de plus les planches de la salle Anaïs-Allard-Rousseau, cette vieille amie : « Je la connais de fond en comble, cette salle! Je ne peux pas te dire le nombre de fois que j’ai joué ici! La Maison de la culture, c’est une salle où il y a une proximité que j’aime beaucoup. Il y a bien sûr une familiarité. Le slogan de la Maison, c’est “Je rentre à la maison”, et pour moi, c’est vrai, je rentre à la maison. »

Elle a eu la chance d’avoir comme sonorisateur pour la soirée Alain Carpentier, un vétéran du son, avec qui Toupin se disait « comme en Cadillac », et pour qui Carpentier est pratiquement de la famille. 

Après ?

Pour ce qui est de la suite ? « Une chose est sûre, les Trifluviennes, ça m’a beaucoup allumée sur l’acte créateur, j’ai plus le goût d’écrire, alors peut-être que ça va aller là, avec un prochain projet : plus d’écriture », confie la femme qui a déjà près de trente ans d’expérience. Gageons que le public saura suivre sa voix, peu importe quels chemins elle empruntera.

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