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La mosaïste Roxane Campeau aborde la matière première comme une poète transforme les mots. Photo : Magali Boisvert

Dans le cadre d’une série de rencontres d’artistes de la Mauricie intitulée Donner des fleurs au suivant, nous donnons l’opportunité à chaque artiste de décider de la prochaine personne dont nous ferons le portrait. Pour ce tout premier texte de la chaîne, nous rencontrons la mosaïste Roxane Campeau dans son espace à l’Atelier Silex. Qui aura-t-elle choisi pour le deuxième article de la série ? 

Bonjour Roxane. Comment décrirais-tu ta démarche ?

Je suis quelqu’un de très curieuse, tu as dû le remarquer tout de suite. J’aime aller vers les choses et les gens inusités. J’aime transformer la matière. De partir avec quelque chose qui est déjà existant et de composer autour de ça, ou déconstruire cette matière-là pour lui donner une deuxième vie. Ça, c’est vraiment à la base de ce que je fais. 

Le rayonnement est toujours présent, il y a de la lumière dans pas mal tout ce que je fais, ou un mouvement de fluidité, probablement à cause de la rivière Yamachiche qui coule derrière chez moi [à Saint-Élie-de-Caxton]. J’ai commencé avec la céramique, la vaisselle, c’était avec ça que j’ai appris. 

Puis il y a peut-être 10 ans, le métal a embarqué, et ça, c’est vraiment ça qui me fait triper, c’est ma signature, si je peux dire. C’est ce qui me définit et distingue en tant que mosaïste, le métal, et particulièrement l’aluminium. 

C’est la forme des objets qui m’attire au départ, la rouille qu’il y a dessus, la patine du temps. Des fois, je connais leur usage, alors il s’agit de détourner cet usage-là et de faire une poésie de la matière… C’est pour ça que je fais de l’art, pour amener un peu de beauté.

Quels ont été des projets marquants dont tu es fière ?

J’en ai plein de beaux ! Je suis vraiment dans une belle phase de ma carrière. Je vais être en exposition à Chicago, j’ai posté mon œuvre avant-hier. C’est à la Gallery of Contemporary Mosaics, qui est affiliée à une école de mosaïque aussi. Ils présentent des œuvres d’un peu partout alors je suis vraiment heureuse d’être en exposition là-bas. Ça s’appelle Breaking (Not) Bad, et ils vont présenter des œuvres faites d’objets récupérés, alors c’était dans ma veine. 

Il y a Gravir le silence, avec Diane Longpré, pour lequel j’ai reçu une bourse territoriale du CALQ. On l’a présenté dans les sentiers de l’Auberge du Lac Castor dans le cadre des Journées de la culture. Ça, c’est un projet magnifique, avec les femmes du CALACS de Shawinigan aussi, avec qui on a fait des ateliers d’écriture. C’est un projet sur la violence sexuelle, ça allie mosaïque et poésie, et m’a fait grandir énormément, c’est un projet de guérison. J’en suis très fière. 

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Il y a aussi le projet avec Jeannot Bournival et l’OSTR, c’est ce qui a résulté de la médiation culturelle en septembre. J’avais demandé à Jeannot de me composer huit chansons, qu’il a arrangées pour un quatuor de l’OSTR. Moi, je me suis inspirée de ses huit pièces musicales solo au piano, j’ai élaboré ce que j’appelle Une octave dans le temps, qui est le titre de l’expo qui va en résulter et qui va être exposée à Shawinigan l’année prochaine. Et c’est là-dessus que je vais travailler tout l’hiver.

C’est le moment de passer au suivant et de désigner la prochaine ou le prochain artiste dont nous allons faire le portrait. Qui as-tu choisi ?

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L’oeuvre collective Les paysages intérieurs, a permis aux artistes Roxane Campeau et Catherine Bard (ainsi que Louise Dupré) de collaborer ensemble. Photo : Magali Boisvert

L’illustratrice Catherine Bard ! Je l’aime beaucoup. C’est beau, ce qu’elle fait, dernièrement, elle a plein de beaux projets aussi. J’aime comment elle est capable d’allier son côté scientifique et artistique. [Bard est détentrice d’un baccalauréat en biologie.] Je n’ai pas un côté scientifique très développé, mais c’est un intérêt, et ça me parle. 

J’aime beaucoup son style, c’est doux, très lumineux, et même quand elle veut être dark et exprimer des sentiments qui sont plus lourds, ça finit juste par être cute! Elle avait une expo [Comme un acte de résistance] à la Place D’Youville récemment, directement en face du Diamant et du Capitole à Québec, c’était magnifique. C’est une œuvre que j’ai trouvée très touchante parce que ça parle de la résilience des femmes qui se reconstruisent. 

Elle a fait plein de choses tripantes comme donner des cours de bandes dessinées aux adultes et aux enfants à Saint-Élie et faire une bande dessinée à partir de ce qu’ils ont créé, avec le collectif La brouette — mon fils y a participé et c’était un super beau projet. 

Qu’aimerais-tu dire à Catherine ? Je lui passerai le mot.

Bravo ! Je suis fière de toi, continue. Je trouve ça vraiment inspirant de voir tout ce que tu explores. Et merci d’être là. Elle m’a beaucoup accompagnée dans la dernière année. Elle me fait grandir, elle m’apprend des choses. 

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