«OH! IL LUI A ÉBRANLÉ LE CERVEAU!» – Édouard Carpentier
Bien sûr, les résultats sont connus d’avance et les combats sont, disons-le, amplement chorégraphiés. Mais l’essentiel n’est pas là. En lutte professionnelle, ce qui compte vraiment, c’est le spectacle, l’intensité physique et l’émotion qu’on réussit à provoquer chez les spectateurs et spectatrices.
Car les coups, les chutes et les blessures, eux, sont bien réels. Les lutteurs sont de véritables acrobates, des athlètes capables d’encaisser des impacts impressionnants. Comme le répétait le légendaire Édouard Carpentier: «Croyez-moi, ça fait mal!»
Ce qui étonne le plus lorsqu’on assiste à un gala, c’est le contraste entre les personnages du ring et les êtres humains qu’on rencontre dans les loges avant le spectacle. Quelques minutes avant d’entrer en lice, les lutteurs discutent calmement, plaisantent, s’entraident et accueillent les journalistes avec gentillesse. Puis la cloche sonne. Une fois dans le ring, les mêmes hommes deviennent des bêtes sauvages prêtes à recevoir une chaise en plein visage. Le contraste est saisissant.
La lutte professionnelle carbure à l’humour absurde et aux idées délirantes. Dernièrement, lors d’un Combat des Îles de Sorel, un lutteur a attaqué son adversaire avec… un moteur hors-bord. Impossible d’inventer ça ailleurs.
Contrairement à ce que plusieurs croient, la lutte professionnelle n’a jamais disparu au Québec. En Mauricie, et particulièrement à Shawinigan, les galas attirent encore des foules fidèles, et l’école de lutte L’Usine fonctionne à plein régime. La ville est d’ailleurs reconnue comme l’un des bastions de la lutte indépendante québécoise grâce à la présence de la Fédération canadienne de lutte qui y présente régulièrement ses événements depuis plusieurs décennies.
Du côté de Lanaudière, la lutte fait également partie du patrimoine populaire. La région est associée à la célèbre famille Rougeau. Originaires de Saint-Sulpice, Jacques et Raymond Rougeau ont porté les couleurs du Québec jusqu’aux plus grandes scènes de la World Wrestling Federation, contribuant ainsi à faire rayonner la lutte québécoise à l’international. Aujourd’hui encore, le nom Rougeau demeure intimement lié à l’histoire de la lutte professionnelle dans Lanaudière.
La relève est déjà là. Lors d’un récent gala présenté à Shawinigan, deux recrues de L’Usine, Étienne Cros et Tommy Dupuis, ont disputé leur tout premier combat. Deux nouveaux venus qui entrent dans un univers où la gloire… et la douleur… vont souvent de pair.
Dans la province, on compte encore entre 10 et 20 fédérations sérieuses de lutte professionnelle. Des centres communautaires aux arénas municipaux, les galas continuent de rassembler des familles entières. Entre l’héritage des Rougeau dans Lanaudière et la vitalité de la scène indépendante en Mauricie, la lutte québécoise démontre qu’elle est loin d’avoir dit son dernier mot.
PHOTOS: JEAN BOILEAU
Lutteur depuis 28 ans, David Lacasse, alias Spike


« Catch Woman » au bord du ring pour encourager ses collègues
Un premier combat pour deux finissant le l’école de lutte L’Usine


Contre un adversaire de 6 pieds 8 pouces, un combat qui tourne mal pour les Chabot







Règlement « hors cour » pour un « avocat » lutteur




Dans un « combat des Îles de Sorel » tous les coups sont permis



Lutteur de puis plus de 30 ans, Sébastien Ricard alias Black Eagle, avant le match et pendant


Des poids lourds


Les lutteurs sont de véritables athlètes. Si les combats sont chorégraphiés, les chutes sont bien réelles


















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