Ce sont près de 115 personnes qui ont répondu à l’appel du regroupement Mobilisation Mauricienne pour les artistes du Québec qui lançait un cri du cœur au ministre du Travail et ministre responsable de la Mauricie, afin de dénoncer le « budget dérisoire » accordé au Conseil des arts et des lettres du Québec. Photo : David Leblanc

Le samedi 15 juin dernier, le regroupement Mobilisation Mauricienne pour les artistes du Québec (MMAQ) lançait un cri du cœur au ministre du Travail et ministre responsable de la Mauricie, Jean Boulet.  Alors que le soleil était au rendez-vous, ce sont près de 115 personnes qui ont déambulé répondu à l’appel du MMAQ qui elle se joignait au mouvement Grande mobilisation des artistes du Québec (GMAQ) afin de dénoncer le budget accordé au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), budget qu’elle qualifie de « dérisoire ». Conséquemment, un grand nombre d’artistes québécois et québécoises se retrouvent en situation de précarité économique, ce qui les empêche de se consacrer à leur travail créatif. 

Un mouvement national 

La région de Montréal a été la première à lancer le mouvement. En avril dernier, sur la rue De Bleury avait lieu la première manifestation du regroupement GMAQ. En entrevue, Justine Bellefeuille, artiste et co-organisatrice de la manifestation de Trois-Rivières, explique que la MMAQ joint sa « voix aux autres voix qui ont déjà manifesté ailleurs au Québec. On pense à Montréal ou à Québec. Donc on se joint à ce mouvement-là. »

Ce mouvement a été lancé à la suite de l’annonce du ministre québécois de la Culture et des Communications concernant le budget accordé au CALQ en mars dernier. Au total, ce sont 160,5 millions qui étaient attribués au CALQ. Après la première manifestation de la GMAQ, le ministre Lacombe a annoncé 15 millions supplémentaires. Toutefois, la GMAQ reste insatisfaite de cette décision, elle qui demandait 100 millions de dollars supplémentaires, pour un budget total d’environ 260 millions. Dans le communiqué, en prévision de la deuxième manifestation qui s’est déroulée le 16 mai dernier au même endroit, on peut lire que « face à la stagnation du montant alloué au CALQ par rapport au dernier exercice pré-pandémique – ce budget équivaut à une baisse du soutien ministériel devant l’inflation et la hausse du coût de la vie –, le milieu des arts confirme que ce budget plonge l’écosystème artistique québécois – institutions, organisations, compagnies et artistes – dans une urgence absolue ».

Une augmentation exigée

La GMAQ exige donc une augmentation du financement des arts, de meilleures conditions de travail et d’accès à la protection sociale, ainsi qu’une reconnaissance accrue de la contribution culturelle des artistes, qui demandent aussi un soutien renforcé aux infrastructures culturelles afin d’assurer la pérennité et la diversité de la création artistique au Québec. Ce regroupement avance que, selon un rapport rédigé par la firme canadienne spécialisée dans la recherche, l’analyse et la présentation de données sur les arts et la culture, Hill Strategies Recherche inc, commandé par le Conseil des Arts du Canada, « l’artiste typique a un revenu d’emploi de 17 300 $, un montant qui est inférieur de 56 % au revenu d’emploi médian de la population active [canadienne] (39 000 $) ».

Il est important de mentionner les limites méthodologiques de ces données et qui sont présentées dans l’Annexe 2 du rapport. On peut y lire que « l’importance attachée à l’emploi où le répondant a travaillé le plus d’heures a une incidence sur le dénombrement de la population active par le recensement. Occuper plusieurs emplois est une facette importante de la vie professionnelle de nombreux artistes. Certains peuvent consacrer plus d’heures à d’autres emplois qu’à leurs travaux artistiques. C’est pour cette raison que les estimations du nombre d’artistes du recensement ont tendance à être quelque peu inférieures à la réalité. »

Lors de la manifestation du 15 juin au centre-ville de Trois-Rivières, les gens se sont mobilisés afin d’envoyer un message clair au ministre Jean Boulet. Justine Bellefeuille explique que le but de cette manifestation était de motiver le ministre du Travail à passer le message à son collègue Mathieu Lacombe au sujet de la demande d’une augmentation du budget accordé au CALQ. 

La culture en deuil

Pendant la manifestation, les participant-es étaient encouragé-es à porter un chandail noir, pour symboliser la mort lente de la culture au Québec. Les manifestant-es, à un certain moment, se sont également assis-es par terre, sur la partie piétonne et colorée de la rue des Forges. Plusieurs artistes et citoyen-nes qui gravitent autour du domaine culturel ont pris la parole avant la marche. On pouvait entendre des artistes issu-es de disciplines différentes, en l’occurrence Alexandre Dostie, Isabelle Clermont, Liliane Pellerin, Alex McCann ainsi qu’un « allié important » dans le domaine de la culture, Denis Roy. 

Et maintenant ?

Justine Bellefeuille indique que la MMAQ a l’intention de rédiger une lettre et de la faire parvenir au milieu culturel, par exemple aux salles de spectacle ou aux artistes lors de leur vernissage. « On va demander aux gens de la lire au début du spectacle par exemple. C’est un court texte qui va relater la situation actuelle pour informer le public de ce qui se passe. » Parce que, ce que le public peut voir actuellement dans le domaine artistique et culturel, il se peut qu’à automne prochain ce soit beaucoup plus rare à cause du manque de financement, dit-elle. 

En attendant, durant l’été, la population est invitée à participer aux activités culturelles pour soutenir les artistes et contribuer à la vitalité de la culture en Mauricie.

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