
En ce moment, on est submergé-es par une cascade de projets de loi, autant en tant que citoyenne et citoyen que comme acteur ou actrice de la société civile. Les organismes communautaires autonomes n’y échappent pas et, entre le chaos législatif, les effets du sous-financement et la pression accrue sur le filet social… c’est difficile de suivre le rythme, de s’informer, de réfléchir et de réagir. Pourtant, c’est précisément dans ces moments-là que la parole citoyenne est indispensable. Plus que jamais, notre voix citoyenne compte pour libérer la voie.
Toutes les voix comptent
Dans ce contexte, c’est tentant de croire qu’il faudrait être juriste, économiste ou spécialiste des politiques publiques ou d’un enjeu spécifique pour oser prendre la parole. Comme si la complexité des projets de loi et la rapidité à laquelle ils sont publiés exigeaient une sorte d’autorisation implicite pour s’exprimer. Cette idée est dangereuse.
Notre légitimité à prendre la parole dépend tout simplement du fait que les décisions qui sont prises nous concernent directement. C’est tout. C’est le principe même de la démocratie : une personne, une voix. Notre proximité avec les enjeux réels et potentiels, ainsi que notre expérience directe de leurs conséquences sur notre quotidien suffisent amplement.
Même quand on se sent dépassé-es par les actualités politiques, le simple fait de le nommer constitue déjà un acte citoyen majeur. C’est signaler que le rythme et les processus décisionnels impactent la participation citoyenne. C’est refuser que le silence soit vu comme un feu vert.
Savoir occuper les espaces
Souvenons-nous que le pouvoir politique vient du peuple et donc de la participation citoyenne. De nous. Mais quand la population traverse, comme c’est le cas actuellement et depuis plusieurs années, une succession de crises où des pratiques autoritaires se sont progressivement installées, c’est facile de glisser vers une forme d’inertie collective, une sorte d’indifférence involontaire.
On doit réapprendre à prendre la parole. On doit réapprendre à faire confiance à notre voix citoyenne, la prendre là où elle est et lui donner la place qu’elle mérite.
Ces espaces existent encore et doivent être occupés. Il y a les commissions parlementaires, où des mémoires peuvent être déposés, les consultations publiques municipales ou provinciales, le contact et le dialogue avec nos élu-es, les conseils municipaux et leurs périodes de questions et les pétitions officielles. Il y a aussi les organismes communautaires autonomes, les syndicats, les associations citoyennes et étudiantes qui mutualisent les voix. Les médias, les lettres ouvertes et les différentes plateformes numériques demeurent aussi des espaces où se construit et se partage l’opinion publique.
La démocratie a besoin de nous
La démocratie a une nature profondément dynamique et vivante. Elle se vit dans les échanges formels et informels et la confrontation des perspectives. Mais pour vivre pleinement, elle a besoin de nous.
Elle a besoin de nos voix, pas de nos silences.
Réapprendre à prendre la parole, au fond, c’est reconnaître la valeur de notre voix pour ce qu’elle est : un savoir précieux né d’une expérience citoyenne unique, une richesse pour le bien-être collectif, une contribution nécessaire à l’avenir commun.






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