De gauche à droite : Carla Lavigne, Geneviève Rajotte Sauriol, Nathalie Champagne et Virginie Rainville ont partagé leurs pratiques respectives mises en place dans leur organisation dans le but d’inspirer d’autres organismes de la région. Photo : Anne-Sofie Bathalon / © La Gazette de la Mauricie et des environs

Dans le cadre du Forum mauricien sur la transition socioécologique, un panel animé par Virginie Rainville, du Centre de formation communautaire de la Mauricie, réunissant trois représentantes d’organismes communautaires,  a permis d’exposer que la transition socio-économique se construit au quotidien, à travers des pratiques ancrées dans les besoins réels des communautés. Geneviève Rajotte Sauriol, de la coopérative Bleu Forêt, Nathalie Champagne, du Centre d’intervention budgétaire et sociale de la Mauricie (CIBES), et Carla Lavigne, du Centre d’activités populaires et éducatives de La Tuque (CAPE), ont partagé leurs expériences avec l’objectif d’inspirer d’autres organismes de la région.

Communiquer autrement pour transformer les pratiques

Pour Geneviève Rajotte Sauriol, stratège en communication responsable à Bleu Forêt, la transition passe d’abord par la façon dont on raconte et dont on mobilise. Elle rappelle qu’une communication responsable implique de revoir l’ensemble de la chaîne, par exemple en limitant l’impression, en employant des matériaux plus durables, en favorisant les outils numériques écoresponsables et en évitant la promotion de comportements qui encouragent la surconsommation.

Au-delà des aspects techniques, Geneviève Rajotte Sauriol insiste sur la cohérence. Les messages portés par les organisations doivent refléter leurs choix internes, leur manière de travailler et l’impact social qu’elles souhaitent générer. « La communication peut devenir un levier de transformation, mais seulement si elle est alignée avec les valeurs qu’on défend », a-t-elle affirmé.

Politiques internes, solidarité et consommation responsable

Pour Nathalie Champagne, conseillère budgétaire et agente de développement au CIBES, la transition ne peut être dissociée de la justice sociale. Elle avance que les organismes ont un rôle déterminant à jouer non seulement dans l’accompagnement financier des citoyens et citoyennes, mais aussi dans leur propre gestion interne. Nathalie Champagne encourage la mise en place de politiques institutionnelles qui soutiennent de manière systématique les initiatives sociales et écologiques portées par d’autres organismes du territoire. « Si une personne ou un groupe nous arrive avec une demande de soutien, on suit toujours cette ligne directrice », explique-t-elle.

Cela peut passer par des choix d’achat plus responsables, par la sélection de partenaires locaux engagés ou par des décisions budgétaires qui privilégient l’économie sociale. Elle ajoute que ces gestes peuvent renforcer l’écosystème communautaire tout en générant une répercussion environnementale positive.

L’éducation populaire au cœur du changement durable

Pour Carla Lavigne, coordonnatrice de projet et formatrice au CAPE de La Tuque, la transition prend forme à travers des gestes concrets qui mobilisent les citoyens et citoyennes. À son avis, l’éducation populaire permet d’ancrer les pratiques écologiques dans le quotidien, que ce soient par des ateliers de réparation, des activités anti-gaspillage, des projets de jardinage ou des espaces de partage d’outils.

Carla Lavigne insiste sur l’importance des initiatives locales, souvent modestes mais extraordinairement structurantes. Elles renforcent non seulement l’autonomie des personnes participantes, mais aussi leur sentiment d’appartenance. « Quand les gens construisent ensemble, ils se donnent collectivement la capacité d’agir », souligne-t-elle.

Des pistes concrètes pour les organismes

De ce panel se dégagent trois grands axes d’action. Le premier est de revoir ses pratiques de communication. Le deuxième est d’établir des politiques internes responsables. Et le troisième consiste à miser sur l’éducation populaire. Ensemble, ces voies d’action permettent d’amorcer une transition qui est à la fois sociale, économique et écologique.

En somme, les échanges ont rappelé que la transition n’appartient pas uniquement aux décideurs et aux grandes institutions. Elle se déploie aussi dans les organismes communautaires, dans des gestes quotidiens et dans des pratiques solidaires. Et surtout, elle se construit collectivement.

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