L’avalanche de tarifs douaniers imposés par les États-Unis depuis l’investiture de Trump en janvier 2025 est en train d’ébranler les murs d’un certain ordre économique mondial, pour ne pas dire de la mondialisation. Dans le cadre de sa guerre commerciale, Trump a imposé des tarifs douaniers moyens de 27 % sur la plupart des marchandises étrangères, et de 35 % sur les produits importés du Canada et du Mexique. Tout ceci survient dans un contexte où le président américain multiplie les décrets à un rythme effarant, de sorte qu’il est très difficile de s’y retrouver pour les entreprises. Sommes-nous en train d’assister au début de la fin de la mondialisation ?
Un monde fragmenté
Pas tout à fait. On assiste plutôt à une fragmentation de l’économie mondiale, marquée par la montée des restrictions commerciales (tarifs douaniers, quotas d’importation, etc.) et des tensions géopolitiques entre partenaires rivaux, comme la Chine et les États-Unis. Trump s’inscrit dans cette mouvance lorsqu’il conquiert un territoire comme le Venezuela pour ses ressources, ou qu’il menace d’en conquérir d’autres comme le Groenland. Ce côté guerrier des États-Unis de Trump n’a rien de rassurant dans un contexte où leurs dépenses militaires atteignent un sommet jamais vu, soit 997 milliards de dollars US (3,5 % de leur PIB), et que Trump entend les augmenter de 50 % d’ici 2027, à hauteur de 5 % de leur PIB.
Une finance à haut risque
Sur les marchés financiers, bon nombre de clignotants sont au rouge, comme en témoigne la formation d’une bulle spéculative dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). Les géants de l’IA s’endettent facilement et lourdement en investissant des milliers de milliards de dollars, sans compter les multiples connexions financières entre les acteurs de l’IA : Microsoft investit dans Open AI, laquelle achète des puces électroniques à Nvidia, et ainsi de suite.
Mais d’où vient cet argent ? Comme nous l’avions constaté lors de la grande crise financière de 2008, on assiste à des mariages entre les acteurs financiers. Les banques prêtent aux fonds spéculatifs, lesquels prêtent aux géants de l’IA. On parle ici des « sept magnifiques » : Apple, Nvidia, Microsoft, Google, Meta et Amazon, Tesla, dont la valeur boursière a explosé, de sorte qu’elle équivaut à plus de 30 fois les profits anticipés.
Comme la plupart de bulles spéculatives (ou financières) finissent par éclater sous l’effet d’un krach, quelles en seraient les conséquences ? Elles seraient très graves, et ce pour deux raisons. D’abord, puisque les « sept magnifiques » représentent 35 % de l’indice boursier Standard & Poor’s, une pareille concentration boursière provoquerait un krach d’une ampleur considérable. D’autre part, puisque les détenteurs de parts des fonds spéculatifs sont dans une forte proportion des investisseur-es (ou épargnant-es) de petite et moyenne taille, un krach aurait un effet dépressif sur l’économie réelle, étant donné la chute de la consommation qu’elle entraînerait.
Notons enfin que la déréglementation du secteur financier aux États-Unis, en Europe et en Angleterre n’a rien de rassurant dans un tel contexte. Depuis son arrivée au pouvoir en 2025, Trump a réduit de 30 % le nombre de superviseurs et de régulateurs des marchés financiers. Le désordre économique mondial est bel et bien en marche.






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