Lettre ouverte au sujet des décès d’étudiante et étudiant internationaux à Trois-Rivières
Par Elvire B. Toffa,
𝘛𝘳𝘪𝘧𝘭𝘶𝘷𝘪𝘦𝘯𝘯𝘦, I𝘴𝘴𝘶𝘦 𝘥𝘦 𝘭’𝘪𝘮𝘮𝘪𝘨𝘳𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯,
𝘌𝘯𝘵𝘳𝘦𝘱𝘳𝘦𝘯𝘦𝘶𝘳𝘦, 𝘦𝘵 𝘱𝘳𝘰𝘧𝘦𝘴𝘴𝘪𝘰𝘯𝘯𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘦𝘯𝘨𝘢𝘨𝘦́𝘦 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭’𝘢𝘤𝘤𝘶𝘦𝘪𝘭, 𝘭’𝘪𝘯𝘵𝘦́𝘨𝘳𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘦𝘵 𝘭𝘢 𝘷𝘪𝘦 𝘦́𝘵𝘶𝘥𝘪𝘢𝘯𝘵𝘦
𝘈𝘤𝘵𝘳𝘪𝘤𝘦 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘶𝘯𝘢𝘶𝘵𝘢𝘪𝘳𝘦 œ𝘶𝘷𝘳𝘢𝘯𝘵 𝘢̀ 𝘭’𝘪𝘯𝘵𝘦́𝘨𝘳𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘴𝘰𝘤𝘪𝘰𝘱𝘳𝘰𝘧𝘦𝘴𝘴𝘪𝘰𝘯𝘯𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘧𝘦𝘮𝘮𝘦𝘴 𝘪𝘴𝘴𝘶𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘥𝘪𝘷𝘦𝘳𝘴𝘪𝘵𝘦́ 𝘦𝘵𝘩𝘯𝘰𝘤𝘶𝘭𝘵𝘶𝘳𝘦𝘭𝘭𝘦
𝘝𝘪𝘤𝘦–𝘱𝘳𝘦́𝘴𝘪𝘥𝘦𝘯𝘵𝘦 𝘢𝘶𝘹 𝘳𝘦́𝘨𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘥𝘶 𝘙𝘦́𝘴𝘦𝘢𝘶 𝘥’𝘢𝘤𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘭’𝘦́𝘨𝘢𝘭𝘪𝘵𝘦́ 𝘥𝘦𝘴 𝘧𝘦𝘮𝘮𝘦𝘴 𝘪𝘮𝘮𝘪𝘨𝘳𝘦́𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘳𝘢𝘤𝘪𝘴𝘦́𝘦𝘴 𝘥𝘶 𝘘𝘶𝘦́𝘣𝘦𝘤
𝘔𝘦̀𝘳𝘦 𝘮𝘰𝘯𝘰𝘱𝘢𝘳𝘦𝘯𝘵𝘢𝘭𝘦 𝘥𝘦 𝘵𝘳𝘰𝘪𝘴 𝘢𝘥𝘰𝘭𝘦𝘴𝘤𝘦𝘯𝘵𝘴
𝐂𝐡𝐞𝐫𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐞𝐧𝐭𝐬, 𝐜𝐡𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐟𝐚𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬,
Envoyer son enfant étudier à l’étranger est un acte de courage, d’amour et d’ambition. C’est un projet noble, porteur d’espoir, mais qui exige une préparation rigoureuse, lucide et responsable. Un projet d’études à l’international ne s’improvise pas. Il se construit en amont, se soutient dans la durée et repose sur les besoins fondamentaux, tels que décrits par la pyramide de Maslow : se loger, se nourrir, se soigner, se sentir en sécurité. Parlons avec clarté de réalités incontournables.
𝐋𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐬𝐬𝐨𝐮𝐫𝐜𝐞𝐬 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐬
Oui, l’argent est un facteur déterminant. Non par matérialisme, mais parce qu’il conditionne l’accès à la sécurité, à la stabilité et à la dignité. Étudier à l’étranger nécessite des moyens suffisants pour éviter la précarité, l’isolement et les choix à risque. Le manque peut pousser nos jeunes à faire des choix apparemment faciles mais plein de conséquences. Toutes les écoles et l’immigration nous demandent de prouver notre capacité financière avant d’octroyer l’admission puis le permis d’étude. Pourquoi après leur arrivée on assiste à autant de précarité chez nos étudiants? Pourquoi mon étudiant n’arrive plus à se loger, à payer sa scolarité, à manger à sa faim? Pourquoi refuse-t-il d’appeler l’ambulance lorsqu’il est malade ou composer le 911 lorsqu’il est en détresse de peur que la police ou l’hôpital se rendent compte que ses papiers ne sont pas en règle. Et pourtant, ce n’est même pas leur rôle de vous dénoncer à l’immigration.
𝐋𝐞𝐬 𝐚𝐬𝐬𝐮𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧
Assurance maladie, assurance vie, logement, véhicule s’il y a lieu : ces éléments ne sont ni accessoires ni facultatifs. Ils sont essentiels pour faire face à l’imprévu et protéger la vie. Des compagnies d’assurance sont offertes par les institutions avec la liberté pour l’étudiant de s’en magasiner une avec la compagnie de son choix. Mais tellement d’étudiants négligent cet aspect pourtant indispensable.
𝐀̀ 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐨𝐬 𝐝𝐮 𝐝𝐞́𝐜𝐞̀𝐬 𝐝𝐞 𝐥’𝐞́𝐭𝐮𝐝𝐢𝐚𝐧𝐭 𝐀𝐥𝐞𝐱𝐚𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐂𝐨𝐮𝐥𝐢𝐛𝐚𝐥𝐲
Des informations erronées ont circulé, alimentant inquiétude et confusion. Ah nos réseaux et la désinformation et la quête des likes sans respect ni compassion pour une famille qui pleure à distance son fils. Il est important de rétablir les faits avec respect, retenue et humanité.
Selon les informations disponibles, l’étudiant ne serait pas décédé à Trois-Rivières. Il se serait rendu à Montréal, où des caméras de surveillance l’auraient montré revenant à son véhicule. Il y serait décédé des suites d’un possible malaise, possiblement lié à une condition médicale connue de ses proches. Une autopsie confirmera les causes exactes, ce n’est pas le but de cette lettre ouverte. Cela revient aux autorités compétentes d’y mettre la réelle lumière.
Dans un contexte de tempête hivernale, son véhicule, recouvert de neige, ne permettait pas de voir à l’intérieur. Lorsque les autorités ont été avisées et la localisation effectuée, la terrible nouvelle a été confirmée.
Il n’est pas mort dans la rivière à Trois-Rivieres comme l’histoire toute aussi dramatique de l’étudiante Alexandra. Son corps ne démontre aucune marque de violence, bref, arrêtons de véhiculer des contres vérités nuisibles entre autre au bien vivre-ensemble, au deuil de la famille et à la quiétude de ses amis étudiants.
La synchronicité des prénoms Alexandra et Alexandre peut être troublante en effet mais peut-être que nous pouvons choisir de l’aborder comme un appel insistant de l’univers à mettre les mots sur les réels maux qui tuent nos étudiants(es) internationaux. La mort physique certes mais combien meurent à petit feu dans leur sentiment d’avoir été abandonnés ou laissés pour compte.
Cette tragédie rappelle avec force l’importance de :
– toujours informer un proche ou un colocataire de ses déplacements,
– redoubler de prudence en période hivernale, notamment en voiture,
– ne jamais rester isolé sans que quelqu’un sache où l’on se trouve.
– Appeler le 911 en cas de malaise ne pas craindre de se rendre à l’hôpital même sans assurance lorsque nous sommes en détresse.
𝐑𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐞𝐭 𝐜𝐥𝐢𝐦𝐚𝐭 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐥
Évitons de stigmatiser injustement des villes ou des communautés qui nous accueillent. La peur, la désinformation et les amalgames n’honorent ni la mémoire des disparus ni la cause de la prévention. Transformons la douleur en éducation, l’émotion en prévention, et le choc en actions concrètes.
𝐓𝐫𝐨𝐢𝐬–𝐑𝐢𝐯𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐬 : 𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐚𝐜𝐜𝐮𝐞𝐢𝐥𝐥𝐚𝐧𝐭𝐞 𝐞𝐭 𝐢𝐧𝐜𝐥𝐮𝐬𝐢𝐯𝐞
Située au Québec, au Canada, à l’embouchure de la rivière Saint-Maurice et sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, Trois-Rivières est une ville d’histoire et d’ouverture. Fondée en 1634, deuxième plus ancienne ville du Québec et capitale régionale de la Mauricie, elle s’est distinguée au fil du temps par son engagement envers l’accueil et l’inclusion des personnes immigrantes, incluant les étudiantes et étudiants internationaux.
Être trifluvienne est une fierté, et contribuer, à ma façon, à soutenir les efforts des dirigeants municipaux afin d’offrir aux immigrants des espaces sécuritaires de libre expression, d’inclusion et de participation citoyenne, y compris aux jeunes venus étudier ici, est une responsabilité que j’assume avec conviction.







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